L’honneur de Bernard Ravet

 

L’honneur de Bernard Ravet
 
L'honneur de Bernard Ravet
 
Nassira El Moaddem est une charmante jeune femme. Voix douce mais volontaire, entreprenante, audacieuse, curieuse. Nassira est d'origine marocaine, un papa ouvrier, famille nombreuse. Elle a grandi en France dans une petite ville calme de province où, elle le dit elle-même, elle était souvent la seule «arabe» en classe. Un seul lycée, tout le monde se connaissait, un sentiment quasi familial. Bonne scolarité, heureuse et réussie, brillante même. Sauf les maths.
 
Apparemment Nassira n'a pas souffert de discrimination à l'école de la République. Il faut dire, et elle rend hommage à ses parents, à son papa notamment, qui l'a beaucoup suivie, qu'on lui a inculqué à la maison le respect de l'instruction, l'exigence aussi, d'être assidue, de travailler, de participer, d'obtenir des résultats, ne pas se faire remarquer ….
 
D'avancer, de persévérer, de ne pas se plaindre. Le papa de Nassira connaissait l'importance de l'école. D'ailleurs elle-même le dit, «dans les quartiers les filles s'en sortent mieux car elles étudient à l'école.» Du coup Nassira a fait une école de journalisme et Sciences-Po, où elle a profité des larges opportunités données par cette école pour voyager, Syrie, Turquie.... Dans le monde du travail ensuite c'est surtout de sexisme dont elle a souffert parfois.
 
Nassira c'est un conte de fée républicain même si elle n'aime pas le mot «intégration».....
Elle pourrait être, comme tous ces enfants issus de l'immigration qui font si heureusement leur place dans notre société, un exemple fort, un espoir pour toute une jeunesse, un pays.
 
Pourtant Nassira aujourd'hui est à la tête du Bondy Blog.... Maintenant elle dit «nous, qui avons grandi en banlieue»... lol.
Sa ligne éditoriale ? Les discriminations, "l'islamophobie", les contrôles au faciès.....
Elle écarte arbitrairement les articles "pas intéressants" disent certains, qui la décrivent aussi un peu "clivante" et "construite dans l'opposition". Ses articles parlent de "camp décolonial", de burkini, de foulard, de violences policières... Nassira soutient les intersectionnelles car dit-elle elle ne s'est pas du tout retrouvée dans le magazine «Elle» dans son adolescence. Donc ça prouve bien que le féminisme était jusqu'à présent «blanc et bourgeois» .
 
Je ne sais pas si je dois lui dire que moi non plus je ne me suis jamais trop «retrouvée» dans «Elle», mais que je ne vois pas bien le rapport entre “Elle” et le féminisme.
 
Nassira El Moaddem trouve que «les formules enferment les gens», que c'est réducteur. Mais elle fait le procès acerbe en deux minutes d'un livre et d'un homme qui crie son indignation de ne plus pouvoir proposer aux enfants, à tous les enfants, une instruction de qualité, dans de bonnes conditions de travail et sans discrimination justement. Son indignation de voir l'école républicaine mourir peu à peu.
Elle doit connaître très très bien le monde éducatif d'aujourd'hui puisqu'elle assène dans les médias, avec toute la condescendance d’un “nous les journalistes”, que le livre de B. Ravet, directeur d'école pendant de longues années, lui, est «caricatural», en produisant simplement quelques extraits hors contexte.
 
Ce que j'aimerais comprendre, moi, c'est pourquoi Nassira refuse aux autres enfants de la république ce qu'elle-même en a reçu. Au nom de quoi leur refuse-t-elle la chance qu'elle-même a eue, ce droit à l'épanouissement, à l'éducation et à la liberté, hors pression communautariste et intégriste.
 
J'aimerais comprendre en fait quelle est la pertinence de Nassira El Moaddem sur le sujet pour qu'on lui demande d'exprimer publiquement cet avis plus que tranché
.
Je me demande aussi ce que le papa de Nassira en penserait.
 

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