Le CCIF, organisme anti-discrimination ou machine à créer du communautarisme ?

Le CCIF, organisme anti-discrimination ou machine à créer du communautarisme ?
 
Méthodologie du CCIF - Episode 1 :les cantines scolaires
 
Groupuscule quasiment inconnu du grand public il y a peu encore, le CCIF a explosé en nombre d'adhérents à l'été 2016 grâce à «l'affaire burkini» qu'il a soigneusement instrumentalisée et exploitée y compris à l'étranger, gagnant environ 9000 adhésions en quelques mois. Aujourd'hui il compte selon ses dires 14 000 adhérents et sa page fb est «likée» par 126 000 personnes...
 
Son influence est certes encore négligeable si on la rapporte au nombre estimé de musulmans en France, cependant le passage professionnel de son directeur à l'OSCE et les contacts qu'il a pu ainsi garder dans les milieux proches des institutions européennes, les liens tissés à l'international également, notamment avec les mouvement antiracistes américains dont il s'inspire, tout ceci conduit à ne pas sous-estimer sa capacité de nuisance.
 
Elle est apparue notamment à cette occasion avec un véritable bashing anti «France islamophobe» orchestré dans les pays anglo-saxons notamment durant cet épisode burkini. Récemment encore son ex-directeur et néanmoins très actif Yasser Louati a été convié par le biais de ces liens troubles à pérorer contre la « France islamophobe » devant le Parlement Européen.... Suite à cette augmentation du nombre d'adhérents et de la notoriété du groupuscule, sa capacité financière s'est trouvée accrue, les techniques se sont clairement affinées et professionnalisées.
 
Durant ces derniers mois plusieurs sujets polémiques ont ainsi été récupérés par le CCIF, et à ces occasions, un schéma type du mode d'action s'est précisé, schéma qui montre un objectif dépassant de loin la lutte contre les discriminations. Pointons tout d'abord une évidence : le CCIF a pour objectif, officiellement la lutte contre les pratiques discriminatoires envers les musulmans et ce qu'il appelle, selon le terme ambigu et inadéquat qu'il essaie d'imposer, «l'islamophobie». Or, première constatation, à l'étude des cas étudiés il s'avère qu'ils ne relèvent quasiment jamais d'une pratique religieuse simple et personnelle mais au contraire systématiquement ostentatoire et revendicative. De fait les cas de discriminations sur des noms, des faciès par exemple sont quasiment absents. Par contre le port du voile, les revendications alimentaires, les pratiques au travail etc sont surreprésentés.
 
D'où il apparait en première constatation que le CCIF défend en fait, non pas «les» musulmans mais bien plutôt les plus fondamentalistes, ceux dont les pratiques sont les plus agressives vis à vis des mœurs et coutumes françaises, les plus opposées au modèle républicain assimilateur et qui mettent le plus à mal la cohésion sociale.
Pire, les cas douloureux de musulmanes luttant désespérément contre la pression sociale qui leur impose de fait le port du voile ne sont JAMAIS évoqués, ni les insultes reçues pour port de vêtement insuffisamment « couvrants » etc. Il y a donc tromperie sur la marchandise et, de la même façon que la définition par le CCIF des actes dits «islamophobes» était curieuse et très très souple (voir les excellents articles et livre à ce sujet d'Isabelle Kersimon), le CCIF est donc un organisme défendant de fait et contrairement à ses discours et ses statuts, principalement l'islam politique et radical, celui qui produit un communautarisme anti-républicain.
 
Mais étudions de plus près un cas spécifique, afin de dégager les éléments clés de la méthode CCIF. Un exemple d'actualité au moment de la rentrée scolaire, les menus des cantines scolaires. Un jugement récent a réintroduit les menus de substitution au porc sur la commune de Châlon sur Saône. La Ligue de Défense Judiciaire des Musulmans s'en félicite et les commentaires attaquent aussitôt l'étape suivante : le refus tout simplement de la viande, car non halal. Le CCIF embraie bien évidemment le pas, l'occasion est trop belle. La technique est très au point depuis quelques mois déjà et toujours la même:
 
Etape 1 : on mentionne des « demandes », des « plaintes », toujours anonymes et sans précisions de lieux ou autre. Ici la rentrée est à peine faite (7 septembre) et déjà la page annonce « beaucoup de signalements»...... Il y a quelques mois c'était un problème de préparation aux examens en plein Ramadan, idem, établissement anonyme, aucun élément concret.

Document 1
Le CCIF est donc selon lui toujours “sollicité”, rien à voir bien sûr avec un opportunisme qui instrumentaliserait tout incident du fil d’actualités, même si les coïncidences sont troublantes ..... Au passage on est donc passé allègrement et ni vu ni connu du refus de consommation de porc au refus de la viande en général.....Et hop ! Etape 2 : Le ccif n'est pas un adepte de la médiation, c'est clair, comme pour les problèmes liés au Ramadan en juin 2017, il attaque direct : à aucun moment on ne conseille de prendre rendez-vous sereinement avec un responsable, de dialoguer, non, la loi, l'agression, le courrier mentionnant les articles de loi etc, on est de toute évidence dans la recherche du rapport de force, voire dans la création de toute pièce d'un incident qui permettrait de déclencher le judiciarisation et la victimisation (ce procédé a déjà été utilisé pour le port du voile lors des épreuves d'examen 2017, si il n'y a pas de problème, au besoin on en invente), bref la lutte anti-discrimination prend une tournure revendicative et revancharde qui interpelle. Un encart proposant un extrait de textes de lois(voir document 2) assénés aussitôt, accent mis bien évidemment sur les DROITS, et entretenant allègrement la confusion entre droit à l'instruction et cantine qui rappelons-le est juste un service rendu aux parents, sans aucun caractère obligatoire. On y sous-entend ainsi que l'état s'opposerait à la liberté des parents quant à l'éducation religieuse, ce qui est factuellement faux, voire qu'il y aurait un refus ou une obstruction au droit à l'instruction ce qui est encore plus faux. A aucun moment bien évidemment le caractère facultatif de la cantine scolaire n'est évoqué. Ni la notion d'intérêt général, pourtant au cœur du problème ici, ni l'organisation du service ou la prise en compte d'autres demandes spécifiques (allergies, autres interdits, goûts etc). Non, contre toute objectivité, seuls les desideratas musulmans sont évoqués, transformant ainsi en discrimination une organisation logique de la vie collective.

Document 2
Le résultat ne se fait pas attendre. Les demandes parentales se multiplient, et l'exigence et le ton montent. Il n'est donc plus question déjà des repas comportant du porc mais de supprimer toute viande. Voilà ce que l'on peut lire dans les commentaires non modérés sur la page (document 3) : au passage on note bien ici que du côté de la restauration personne ne force les enfants à manger, contrairement aux titres alléchants, juste qu'on respecte leur libre arbitre et qu'on essaie de simplifier au maximum le service ce qui est compréhensible au primaire.

Document 3
Arrive ensuite les «bonnes idées» :
- C'est “beaucoup mieux en Allemagne “(pas un mot des prestations sociales non comparables, des minimas de salaires ni des difficultés immenses à trouver une crèche bien évidemment) et la France est «en retard» :

Le modèle allemand
 

La France en retard
- Et en fait si tout le monde mangeait halal, ça serait tellement plus simple et «inclusif» :

"c'est de la viande tout simplement...." heu...
 

La vision inter religieuse, les athées n'existent pas
Et bon pour la santé, les koufars sont ignorants :

Le halal c'est le mieux
Tous les commentaires au passage établissent clairement une démarcation entre «nous» et «eux», «ils», impersonnel, ce sont la mairie, l'école, la cantine, les non-musulmans qui ne comprennent rien avec «leur laïcité», qui sont hostiles, «islamophobes» et qui «sont payés » pour un service et doivent satisfaire le client. La protection sociale de haut niveau, l'accès à l'instruction gratuite pour tous etc qu'apporte la République en échange de cette souscription à un idéal commun ? Pas un mot. Où est la Nation, dont pourtant M. Muhammad nous rebat les oreilles ?
Les commentaires anti-communautaristes, eux, sont supprimés rapidement.......

Supprimé par la modération
Ainsi que tous les échanges sereins entre musulmans et non-musulmans en commentaires qui peu à peu avaient amené malgré tout les parents à comprendre que le problème dépassait le cadre religieux et relevait non de l'hostilité spécifique mais de l'organisation, du coût, du sens du commun etc... Cerise finale sur le gâteau, les commentaires violents ne sont pas, eux, modérés...

......
Au final, il est clair que le ton général donné au site et à la page facebook du ccif n'est en rien favorable à un «vivre ensemble» collectif et harmonieux dans un cadre laïque et républicain, bien au contraire. Il encourage, étape par étape, à toujours plus d'esprit communautariste relativement hostile, à toujours plus de revendications religieuses, ostentatoires et perturbatrices des services, à toujours plus d'individualisme et de «consumérisme» en terme de services publics sans aucun souci de préservation du bien commun et donc de fait sans aucun esprit laïque.
Loin d'être un organisme d'intérêt public, le ccif est donc bel et bien un contempteur du modèle républicain, un destructeur de cohésion sociale.
 
La conclusion s'impose, delendum ccif !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×