Lettre à ma mère!

C'est la première fois que je t'écris.

Je t’écris publiquement avec mon cœur. J'espère que ces mots vont te faire réaliser que tu vas nourrir le diable en soutenant Abdelkader en prison.

Je n'ai pas pu faire les choses à moitié en 2012. J’assume jusqu’au bout mes actes. Je ne baisserai plus la tête. Je ne supporte plus l’hypocrisie et ses ravages qui ont décimé notre famille.

Maman, si ton fils, mon frère, est mort, ce n'est pas la police qui te l'a pris, mais plutôt Al Qaida qui te l'a volé. Olivier Corel, Kader, Souad ont utilisé l'islam pour voler la vie de ton fils.

J'aurais tellement aimé que tu sois comme Véronique Roy, cette femme courage qui cherche à comprendre pourquoi son fils est devenu un converti fondamentaliste djihadiste. Malheureusement, il y a n'en a pas tellement en France, et j'ai marché 1009 km pour ces mamans qui se battent pour comprendre, au risque de perdre la vie.

Toi qui as vu ton fils transformé en monstre, tu dois comprendre leur peine.

Maman, souviens-toi, comme tu as eu peur et pleuré lorsque ces mêmes fous de dieu tuaient en Algérie. Souviens-toi comme tu t'es battue pour ne pas porter le voile, le hijab, lorsqu'on partait en vacances dans un pays en pleine guerre civile.

Maman, ton enfant a tué des hommes et des enfants, ne l'oublie pas.

Toi qui dois avoir le cœur meurtri par la perte d'un terroriste, un deuil est un deuil, et je n'essaie pas faire de différences. Imagine le cœur de ces hommes, femmes, frères et sœurs qui pleurent à cause de mohamed merah. Quand on est jeune, on ne meurt pas, on perd la vie, ne l'oublie pas. Tu connais le prix de la vie, parce que tu l'as portée pendant neuf mois, et tu dois la vérité à toutes ces familles.

Maman, je ne veux plus qu'on utilise l'islam pour tuer, je refuse de fermer les yeux sur ces hommes et femmes qui salissent l'islam. En allant voir Abdelkader en prison, tu participes à leur folie meurtrière. Ne me dis pas que je parle pour rien, que mon combat est perdu d’avance. Ne me dis pas de rentrer dans le rang de ces assassins qui ont fini par te voler ton cœur de mère.

Maman, toi qui disais : « dommage que l'Algérie, mon pays de naissance, n'ait pas plusieurs hommes comme Coluche pour gérer le pays ». Aujourd'hui, et après une marche de plusieurs kilomètres, je peux te dire que la France a un grand cœur. Elle est magnifique, elle est de toutes les couleurs, et surtout, elle est remplie de Coluche. Je l'ai vu tout le long de mon parcours.

Maman, j'ai besoin d'espérer que tu redeviennes la musulmane que tu as été. Cette musulmane qui aimait la musique, la danse, qui aimait la vie. Cette musulmane qui pleurait à chaque fois qu'on tuait des enfants, des femmes et des hommes au nom de l'islam.

Je sais que tu n'as pas été toujours d’accord avec tous mes choix, mais tu as toujours dit : « dommage que mes enfants ne soient pas tous comme toi.

Alors range-toi auprès de moi, avant de te dire que tu as perdu un autre garçon.

Date de dernière mise à jour : 31/08/2017