Macron et l’islamisme : J’assume

Macron et l’islamisme : J’assume.
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Je suis à nouveau convoqué le 7 février 2018, par une juge d’instruction au Tribunal de Grande Instance de Lille, pour une première comparution, en vue d’une «mise en examen», dans le cadre d’une nouvelle procédure pénale, visant ma publication du 28 avril 2017: «Présidentielle: Emmanuel Macron, otage du vote islamiste ?»[1]. La convocation précise qu’une plainte, avec constitution de partie civile, a été déposée le 26 mai 2017 pour «diffamation». L’ouverture d’une information judiciaire s’en est ensuivie. Le Procureur de la République, subordonné à l’Exécutif (au Ministère de la Justice), a rendu son réquisitoire le 9 octobre 2017. J’ai appris, par la voie de mon avocat maître Richard Malka, que c’est Rachid El-Kheng qui est l’auteur de cette 5ème plainte. Il s’agit de celui qui était «le coordonnateur local du mouvement» En Marche! à Oignies (62590), dans le Pas-de-Calais, au moment de la campagne présidentielle et qui apparait sur plusieurs photos de campagne à proximité immédiate du candidat Macron.
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1- Rachid El-Kheng sur le front judiciaire:
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Pour mémoire, voici un court extrait de ce que j’ai écrit à son sujet, au 5ème paragraphe de mon article, sous l’intitulé: «Rachid El-Kheng: un extrémisme tolérable?». Je me cite: « en matière de reprise de la rhétorique islamiste, Rachid El-Kheng semble être un expert, alimentant la théorie du «complot sioniste»; reprenant à son compte la propagande frériste de la «Syria Charity»; partageant des tribunes facebookiennes de Tariq Ramadan, comme lorsque celui-ci appelant à créer un «contre-lobby» pour contrer, je cite «des lobbys très puissants, intégristes laïcards, ou pro-sionistes»!

Un simple examen de son profil Facebook révèle son univers et les constances idéologiques extrémistes qui animeraient son action. Son soutien pour les leaders des Frères musulmans n’est pas à prouver. Pro-Mohamed Morsi, il a osé publier, le 11 août 2014, une photo d’une carte d’identité israélienne, sur laquelle on a mis la photo retouchée du président égyptien Abdel Fatah al-Sissi. Sur la tête de ce dernier, on a rajouté une Kippa et deux tresses! Rachid El-Kheng mit alors ce commentaire: «Sissi, il a trouvé sa carte». Antisémitisme ou pas, chacun appréciera. Un autre jour, il partagea sur sa page un appel pour exiger la libération du frère musulman égyptien Khaled al-Qazzaz, l’ex-assistant du frère musulman Mohamed Morsi.

L’expression de sa solidarité avec le peuple palestinien, humainement légitime, prend souvent d’étranges accents. En mars 2015, par exemple, il diffusa sur sa page le propos d’un certain Abu Yazan Gazaoui, je cite: «Le monde pense que Gaza est occupée par Israël. La vérité c’est que le monde arabe est occupé par Israël à l’exception de Gaza». D’autres posts et photos ne laissent aucun doute quant à son orientation idéologique. Lui aussi, comme Mohamed Saou, n’a jamais été Charlie. C’est son droit»[2].

Par sa plainte, ce proche du candidat Macron au moment de la campagne électorale -- l’est-il toujours? (simple question) -- sollicite désormais la Justice française, à l’image des islamistes Amar Lasfar et Soufiane Iquioussen, et du socialiste Jacques Parent, pour me condamner lourdement pour «diffamation» et, accessoirement, pour me contraindre, en cas de condamnation, à lui payer 12.000€ d’amende. Peut-être même 45.000€, en vertu des différents textes de loi énumérés dans cette convocation. Je devrais aussi, en cas de condamnation, «accomplir un stage de citoyenneté» (!).

De facto, on ne peut surtout pas me reprocher que je ne suis pas un justiciable comme les autres et je ne demande pas à ce que cela change. Bien au contraire. Toutefois, l’on devrait s’interroger sur le sens de ce harcèlement judiciaire, dès que j’écrive quelques lignes qui perturbent la règle du jeu trouble des islamistes et de leurs faux-adversaires. À moi tout seul, j’affiche déjà au compteur, en l’espace de moins de trois ans, cinq procès: une drôle de consécration. Peut-être si j’étais resté un islamiste en 2006, parmi les islamistes, je n’en serais pas là? Car des islamistes dits «modérés», qui violent le Droit commun, qui foulent à leurs pieds nickelés la Constitution française sur leur tapis de prière, au vu et au su de l’Exécutif, sans être inquiétés par un quelconque Parquet, sont hélas très nombreux. Ils peuvent être polygames, violer des femmes, ne pas dénoncer des violences «sexuelles» faites aux enfants, détourner des fonds publics, s’enrichir sur le dos de pauvres fidèles, collaborer avec «l’ennemi», sans être pour autant mis en examen, ou condamnés. Ils ont la vie belle les islamistes à Paris.

Mon prétendu tort? Avoir interpellé publiquement et sans complaisance, le candidat Emmanuel Macron, entre les deux tours de cette élection majeure, pour, premièrement, mieux comprendre -- avant de glisser (ou pas) un bulletin dans l’urne -- la juste signification de tous ces soutiens frérosalafistes (ou assimilés) qui noyautaient ostensiblement les équipes «En Marche !» et qui se bousculaient au portillon de Jupiter. Le nom de Rachid El-Kheng fut cité, dans cet article qui fait date, entre autres noms dont les profils ressemblants posent de sérieuses questions.

Un autre nom, et pas des moindres, que j’avais mentionné dans cet article figurait bel et bien, quelques semaines plus tard, parmi les candidats LREM aux législatives[3]. On dirait: «You do have a flair, sir»! Il s’appelle Yanis Khalifa : colistier de l’avocate Sira Sylla à la 4ème circonscription de la Seine-Maritime. Désormais, il est son suppléant[4]. Yanis Khalifa est un des ex-cadres de l’association islamiste EMF (Étudiants Musulmans de France), le bras estudiantin des Frères musulmans (ex-UOIF, rebaptisé «Musulmans de France») au sein des campus universitaires. Yanis Khalifa comme Rachid El-Kheng et Mohamed Saou sont cités dans l’article «Le communautarisme En marche!», publié par le site Valeurs Actuelles, le 6 janvier 2018: «Ils sont les fiers représentants de LREM et de la génération Macron, mais surtout des militants radicaux aux idées extrémistes.»[5] De son côté, le 18 janvier 2018, le site Le Point rapporte que: «Le secrétaire d'État au Numérique, Mounir Mahjoubi, a mené campagne avec une personne fichée S par la DGSI pour être «en lien avec la mouvance islamiste radicale susceptible de se déplacer en France et à l'étranger»»[6]. Pas étonnant !

Deuxièmement, cet article -- qui a été lu plus de 80.000 fois sur mon blog «Ecrire sans censures !», partagé ici même sur Facebook plus de 1.200 fois, à tel point que le vendredi 5 mai 2017, deux jours avant le deuxième tour -- fut cité lors de l’émission Z&N, «Macron/Le Pen : le dernier duel»[7], sur la chaîne Paris Première par l’un des deux Eric et aussi par Juliette Méadel, l’ex-secrétaire d’Etat chargé de l’aide aux victimes. Il avait pour objet d’interroger la conception macronnienne de la laïcité et surtout de sonder -- car cela ne flottait pas à la surface de son programme électorale -- les mesures politiques que ce candidat comptait mettre en place, une fois élu, pour préserver la démocratie française, la laïcité et la République du péril islamiste. Souvenons-nous que cette étrange campagne présidentielle a évité presque systématiquement ce sujet vital. «L’assassinat politique» du candidat François Fillon -- l’auteur de l’essai «Vaincre le totalitarisme islamique» (Albain Michel-2016) -- a contribué à éclipser ce débat durant toute la campagne. Les questions de fond n’ont pratiquement pas été abordées. Un fait gravement dommageable pour l’avenir et le devenir de la France.

Aujourd’hui, je suis à nouveau traîné devant les tribunaux de la République parce que je me suis exprimé librement dans un article, dans une ambiance de controverse électorale. Je ne sais pas ce que me reproche ce proche d’Emmanuel Macron. J’aurais aimé que l’on réponde à mon propos, par exemple, par un article factuel: argument contre argument, idée contre idée, fait contre fait. J’aurais aimé que l’on cesse, en France, de criminaliser la liberté d’expression qui n’a jamais pris la forme d’une quelconque diffamation dans mes écrits. La Justice a déjà tranché par trois fois. J’aurais aimé qu’un débat citoyen, franc, puisse s’engager en dehors des prétoires. J’aurais aimé que le plaignant, très engagé politiquement à cette époque en faveur du mouvement "En Marche!" et d’Emmanuel Macron, puisse s’expliquer lui aussi, librement, clairement, comme je le fait, au sujet de ses publications publiques, diffusées par ses propres soins sur sa page Facebook (voir les illustrations ci-jointes). Force est de constater qu’au débat contradictoire, on préfère les prétoires. En l’absence d’arguments tangibles, on instrumentalise la Justice. Quand on est à court d’idées-vérités, on crie au fake news.
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2- La bande à BHL, vent debout sur le front idéologique:
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D’ailleurs, rien n’empêchait Rachid El-Kheng de faire exactement comme Sérénade Chafiq et Jennifer Lampert qui avaient cosignées, le soir de ce fameux vendredi 5 mai 2017, un article sur le site du magazine «La règle du jeu», fondé par Bernard Henry Lévy. Sérénade comme Jennifer ont manifesté étrangement leur mécontentement suite à la publication de mon article, à l’image d’un certain Mohamed Sifaoui et de ses séides : Mohamed Sifaoui, du haut de son éthique exemplaire, du haut de son aura médiatique, m’avait qualifié de «connard»[sic] et d’ «islamiste» [sic]. Rien que ça. Engagées dans une «logique» électoraliste pour le moins illisible, elles n’imaginaient le vote au second tour de la présidentielle que prisonnier d’un vieux schéma tristement simpliste, car binaire, où le citoyen français, l’électeur majeur, ne devait être que «mouton», pro-Macron, ou «castor», anti-Marine. Comme s’il fallait choisir entre l’axe du bien et l’axe du mal. Entre le paradis et l’enfer.

On sait ce qu’il en est advenu aujourd’hui. Jupiter a fait bien pire que Nicolas Sarkozy, sur le plan social et économique. Bien pire que Manuel Valls sur le plan des ordonnances et du 49.3 : ça profite à des grands groupes (PSA, Carrefour, Nestlé, etc). Quant à l’expression des valeurs humanistes de la République, le Front National n’aurait pas fait pire. Il suffit de lire, certes avec un peu de prudence, la tribune sulfurique de Yann Moix dans les colonnes du quotidien Libération du 21 janvier 2018 : «Monsieur le Président, vous avez instaurez à Calais un protocole de la bavure»[8].

Sur le plan de la laïcité, les nominations, à des postes très sensibles, se suivent et interpellent: Édouard Philippe à Matignon, l’ancien maire du Havre, un fief puissant des Frères musulmans, et qui entretenait d’étranges proximités avec leurs leaders en France comme au Maroc[9]. Ce dernier avait reconduit dans ses fonctions jusqu’à 2022, dans une publication du Journal Officiel, celui que l’on ne présente plus: Jean-Louis Bianco, le président de cet organisme problématique nommé "L’Observatoire de la laïcité"[10]. Jean-Louis Bianco, en plus de tout ce que l’on sait de sa conception de la laïcité, curieusement pro-Lallab[11], avait rencontré le guide-suprême des Frères musulmans à son QG[12] au Caire, en janvier 2012. Pour la réforme du baccalauréat, on a nommé Philippe Mathiot[13]. Le désormais «architecte du bac 2021»[14], fut ex-délégué ministériel au parcours d'excellence auprès de Najat Vallaud-Belkacem. Habitué des rencontres des Frères musulmans de l’UOIF à Lille, il s’est déprogrammé, en février 2016, presque à la dernière minute, en faisant face à une polémique[15] qui a eu le mérite de montrer le vrai visage des Frères musulmans en France[16].

Toujours au sujet de la laïcité, on attendait, en ce début d’année, un discours magistral d’Emmanuel Macron. Finalement, ce discours n’aurait pas lieu[17]. Devant les chefs «religieux» dont le président du CFCM, un islamiste turc pro-Erdogan, Macron a dénoncé au crépuscule de l’année 2017 une «radicalisation de la laïcité»[18]. C’est dire ! Macron se montre fidèle aux enseignements philosophiques de son nouvel «inspirateur»[19], l’allemand Jürgen Habermas, auteur de «Entre naturalisme et religion»[20] où il développe, entre autres, tout un concept qui fait briller les yeux des islamistes depuis le Qatar de l'émir Tamîm: «la post-sécularisation»[21]. Cela mériterait un article à part. En attendant, le lecteur néophyte, comme moi, pourrait déjà lire ces 375 pages d’une thèse de doctorat éclairante: «Penser la laïcité avec Habermas: étude critique de la conception habermassienne des rapports religion-politique»[22]. On comprend peu à peu que cette conception de la laïcité voudrait dégager, à terme, plus de place aux religieux et réintroduire progressivement les religions dans l’espace public. L'aggiornamento de la loi 1905 est-elle déjà en marche? La dite "réforme" des institutions, visant principalement le Sénat (!), et souhaitée par Macron, ne va-t-elle pas faciliter la tâche d'une réécriture de la Constitution selon cette vision post-séculière et le détricotage du pacte républicain ?

Ainsi, on pourrait craindre que la société habermassienne post-séculière, telle qu’elle pourrait l’être dans l’esprit d’Emmanuel Macron, désormais Président de la République française (et non de l’Allemagne), ne soit pas in fine, un Etat-société qui abandonnerait, petit-à-petit, la laïcité à la française pour se soumettre, petit-à-petit aussi, au diktat de l’islamisme et des Frères musulmans. Il y a des faits, comme ça, qui ne sont pas anodins: le 23 juin 2008, Jürgen Habermas avait accueilli avec une poignée de main chaleureuse un certain Tariq Ramadan, lors d’une rencontre-débat[23], organisée à Schloss Elmau, un hôtel de luxe cinq étoile dans la Haute-Bavière. Tariq Ramadan, selon le site du Frankfurter Rundeshau, avait impressionné le philosophe allemand[24]. A presque un mois de l’élection présidentielle, le 16 mars 2017, Jürgen Habermas a «adoubé» à Berlin le candidat Macron lors de leur rencontre[25]. Le 25 octobre 2017, Habermas avait écrit dans L’Obs: "Ce fascinant Monsieur Macron"[26]-[27].

Vers la fin de cet article, on découvre un aspect macronnien qui fascine le philosophe allemand, parait-il. Il a écrit: «[Le discours] que Macron a tenu il y a peu, à l’Hôtel de Ville de Paris, à l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme protestante, n’était pas seulement intéressant par sa teneur; il n’a pas seulement saisi cette occasion de jeter un regard rétrospectif sur l’histoire des guerres de Religion en France pour évoquer l’actuelle adaptation d’un laïcisme quelque peu rigide à la situation transformée d’une société pluraliste. La circonstance et la thématique de ce discours étaient dans le même temps un geste adressé à la culture imprégnée de protestantisme du pays voisin, outre-Rhin – ainsi qu’à son homologue berlinoise, une protestante»[28].

Je retiens cette phase «adaptation d’un laïcisme quelque peu rigide à la situation transformée d’une société pluraliste»: l’âme du concept habermassien de la «post-sécularisation». En langage jupitérien, cela se traduit par l’expression «radicalisation de la laïcité». Je note, au passage, que ce concept est promu en arabe dans des sites frérosalafistes comme le site «www.islamonline.net» -- dont le siège est situé au Qatar qui le finance, selon les infos de l’IFPO où milite un certain François Burgat[29]. Ce site avait titré, le 26 septembre 2017, «La post-sécularisation : le nouveau retour de la religion, la fin du temps laïque»[30] en citant Jürgen Habermas comme référence philosophique.

Quand j’ai rédigé mon article entre les deux tours de la présidentielle, j’ai tenté (en vain) de pointer le silence de Macron à ce sujet. Bien que je ne sois pas un sage, j’ai essayé de montrer la lune. Certains ont préféré couper mon doigt. Sérénade et Jennifer n’ont certainement pas compris mon propos. Quand on s’habitue trop à la logique binaire simpliste, on perd le sens de la complexité. On ne la voit plus. Par conséquent, elles ont eu le verbe dur contre mon article -- et c’est bien leur liberté. Elles ont eu le verbe dur contre ma personne et c’est bien mon appréciation, lorsqu’elles avaient atteint leur limite argumentative. Sérénade et Jennifer m’avaient qualifié de celui «qui souffle sur des braises dangereuses»[31], de celui qui est «familier de propos teintés au couleur du conspirationnisme»[32] -- c’est ce que l’on avance quand on n’a plus rien à dire (le fameux point Godwin) -- et d’être à côté de «Tariq Ramadan […] bien traités tous deux par les médias de la propagande de l’État russe -- Spoutnik et RT»[33].

Comprenez, s'il vous plaît, que les deux fois où j’ai répondu aux questions des journalistes de cette radio parisienne, une fois dans leur studio, et une fois par téléphone, cela me fait passer pour un pro-Poutine, au regard des plumes engagées de «La règle du jeu». Un peu comme lorsque l’islamiste Makhlouf Mamèche, le cofondateur du Lycée Averroès et président de la FNEM, m’avait qualifié, sur sa page Facebook, d’être à la solde du gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou parce qu’il a entendu mon nom cité, au détour d'une phrase me semble-t-il, sur la chaîne i24News. Mêmes procèdes, mêmes raccourcis. Le fait est que Tariq Ramadan et Emmanuel Macron ont bel et bien un point commun: l’adhésion pragmatique à la pensée post-séculière de Jürgen Habermas. L’un et l’autre y trouvent son compte.

Heureusement, je n’étais pas le seul à être visé par cet article énergique de Sérénade et Jennifer. Il y avait aussi un certain Marwan Muhammad, cette figure emblématique du CCIF. Je suis presque jaloux du traitement bienveillant qu’elles lui avaient réservé. «Pour aussi critique que l’on soit à l’encontre de sa démarche -- écrivaient-elles -- il est difficile de suspecter Marwan Muhammad d’être salafiste ou djihadiste»[34]: Waouh! Blanchiment intéressé? Entente cordiale entre frères-ennemis --en apparence seulement-- diffuseurs, de part et d’autre, de discours tensiogènes en France? Certificat de bonne conduite? Peu importe. L’on remarque, néanmoins, qu’il était très facile pour elles de suspecter Mohamed Louizi d’être un conspirationniste à la solde de Vladimir Poutine, sans prendre la peine d’avancer un quelconque élément factuel incontestable. Il est vrai que le fait de produire des «tombereaux d’informations pertinentes et dûment vérifiées» n’est certainement pas à la portée de n’importe qui. Surtout pas à la porté de «celles et ceux», qui dans leur confort de l’entre-soi parisien se «trompent» d’adversaires et activent, comme par conditionnement pavlovien, les réflexes de la concurrence sauvage lorsque la situation préoccupante exige de la solidarité.
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3- Les islamistes de … BHL:
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Marwan Muhammad, lui, ne s’attendait certainement pas à de telle indulgence aux yeux doux. Tout comme ce cadre frère musulman syrien, Molham Aldrobi de son nom, invité par BHL à Paris, le 4 juillet 2011, lors d’un meeting «SOS Syrie» qui s’est tenu au Cinéma Saint-Germain-des-Prés, en présence de Bernard Kouchner et de Laurent Fabius. Le site «La règle du jeu» de BHL avait présenté ce cadre frère musulman, entre autres invités, comme étant un des «représentants de l’opposition démocratique sortis de Damas et des autres villes martyres»[35] alors qu’il s’agissait ni plus ni moins d’un frère musulman hors sol, d’origine syrienne, naturalisé au Canada et développant une activité commerciale (sous couverture éducative) en Turquie. Le même a eu droit de cité dans L’Obs[36], interviewé par Céline Lussato.

On pourrait dire, sans se tromper, que les liens entre BHL et les Frères musulmans sont étranges, et en même temps, très complexes. Un jour, il les traite de «fascislamistes»[37]. Un autre jour, il les invite à son meeting et les présente comme «représentants de l’opposition démocratique» syrienne. Un jour, il va même jusqu’à rencontrer leurs leaders en Égypte, au sein même de leur QG central au Caire. En témoigne sa rencontre, le 20 février 2012, que lui-même raconte par ailleurs, avec un cadre frère musulman Saad Al-Hoseiny, membre de la direction stratégique de la confrérie[38] ou lors de son engagement dans le conflit libyen, à l’ombre de Nicolas Sarkozy, en faisant avec l’islamiste Youssef al-Qaradawi, ce protégé du Qatar, un petit bout de chemin ensemble : la convergence des luttes. On dirait même «nuit debout» des théoriciens atlantistes du «chaos constructif».

En effet, entre BHL et al-Qaradawi, on pourrait déceler quelques étranges ressemblances : Youssef al-Qaradawi avait lancé une fatwa islamiste meurtrière contre Kadhafi, servant ainsi, en tant que Frère musulman, les intérêts géopolitiques de l’émirat du Qatar dans le MENA. Quant à BHL, en plus de son effervescence pour convaincre Nicolas Sarkozy de se débarrasser du régime libyen (et peut-être des quelques traces d'un financement étranger de campagne électorale) -- on en connaît désormais les conséquences ravageuses et pour le MENA et pour l’Europe -- il avait déclaré, selon l’AFP et Le Figaro, lors d’une convention organisée par le CRIF, en novembre 2011, que c’était «en tant que juif» qu’il avait participé à «l’aventure politique en Libye». Il avait dit: «J'ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël». «C'est en tant que juif que j'ai participé à cette aventure politique, que j'ai contribué à définir des fronts militants, que j'ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays [lequel ? ndlr] une stratégie et des tactiques […]. Je ne l'aurais pas fait si je n'avais pas été juif»[39]. Les mots ont un sens.

Dans son «aventure libyenne», il a fait sienne la cause du CNT (Conseil National de Transition), noyauté par les frérosalafistes. Lorsque l’islamiste Mustapha Abdeljalil, président du CNT, avait déclaré: «toute loi qui violera la charia [en Libye, ndlr] sera légalement nulle et non avenue»[40], BHL a sitôt pris sa plume pour tout relativiser: le jihad armé n’est pas le jihad. La charia n’est pas la charia. Sa novlangue orwellienne lui a permet d’écrire «Charia, d’abord, n’est pas un gros mot»[41]. Au fil des lignes, on a comme l’impression que BHL était devenu, le temps d’un article relativiste, un «cheikh islamiste» qui, par la sémantique, tenta de camoufler les atrocités d’une réalité bien réelle. Il a écrit: «Comme "djihad" (qui signifie "effort spirituel" et que les islamistes ont fini par traduire en "guerre sainte"), comme "fatwa" (qui veut dire "avis religieux" et où le monde, à cause de l'affaire Rushdie, a pris l'habitude d'entendre "condamnation à mort"), le mot même de charia est l'enjeu d'une guerre sémantique sans merci mais continue de signifier, heureusement, pour la majorité des musulmans, quelque chose d'éminemment respectable. C'est un terme qui apparaît cinq fois dans le Coran et que les traductions françaises rendent par "voie".»[42]

Hormis le fait que ce n’est pas exact, même lorsque l’on s’appelle BHL, de dire que le terme « charia » est cité cinq fois dans le Coran -- en tout cas pas dans la version que j’ai -- il ne s’agissait pas, dans le cas de la Libye post-Kadhafi, de préciser la sémantique d’un terme. Il s’agissait de relativiser, dans son esprit, le propos d’un islamiste nommé Mustapha Abdeljalil. Car l'on reproche à BHL et aux forces occidentales d'avoir dégagé Kadhafi du pouvoir pour installer, consciemment ou inconsciemment, le chaos islamiste à sa place. Dans ce sens, la sémantique n’est qu’une forme de dissimulation d’un échec. Je fais remarquer, à toute fin utile, que le frère musulman Tariq Ramadan, dans son livre «De l’islam et des musulmans» (2014), a, lui aussi, expliqué à ses lecteurs comment le terme «charia» n’était pas un gros mot et comment, il préférait parler de «voie» plutôt que de «charia», exactement comme BHL: une sorte de taqiya sémantique qui fonctionne. En somme, on ne sait pas à quoi jouait et joue toujours BHL (et sa bande). On ne sait pas, non plus, quelle est la vraie règle du jeu.
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5- J’assume.
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Une chose est certaine, mon article du 28 avril 2017 n’a pas plu. Et alors ? Puisque je n’ai jamais écrit pour plaire ou pour déplaire. Il a toutefois permis de sortir quelques «rivières» cousines et parallèles de leurs lits respectifs pour former ensemble un étrange courant unitaire, ravageur et très puissant. La réaction écrite et énergique de Sérénade, de Jennifer, de Mohamed, de Nasser et de bien d’autres, au moment des élections, matérialisait l’une de ces rivières. Celle, judiciaire cette fois-ci, de Rachid El-Kheng matérialise une autre rivière que je connais depuis le temps et face à laquelle, j’ai appris à mes dépens, à naviguer à contre-courant. Il est humain de se lasser de ce combat non-violent mais très dur. Ce n’est pas le choix de la facilité. Mon agenda judiciaire depuis janvier 2016 en témoigne.

Le 26 janvier 2016, j’ai remporté le premier procès «en diffamation» contre l’islamiste Amar Lasfar. Le 7 février 2017, j’ai remporté le deuxième procès «en diffamation» contre le même Amar Lasfar. Le 29 novembre 2017, j’ai remporté le troisième procès «en diffamation» contre le socialiste Jacques Parent, l’ex-maire de Merville. Le 8 février 2018, une décision de la Justice est attendue à Lille dans le quatrième procès qui m’oppose à l’islamiste Soufiane Iquioussen. La veille, le 7 février 2018, je suis à nouveau convoqué pour une «mise en examen», en vue d’un cinquième procès «en diffamation», contre le soutien de Macron, Rachid El-Kheng. Certes, je n’ai jamais été condamné par la Justice mais, comme on dit : Trop ! C’est trop !

Que cherche-t-on? Ma ruine financière? C’est presque déjà fait: je n’éprouve aucune honte à dire que je suis aujourd’hui un besogneux qui finit le mois avec moins de 30€ dans la poche et des factures impayées qui s’accumulent. Ma femme chérie, cette perle rare, témoin depuis dix-sept ans, depuis mes années fréristes, de mes engagements, me rappelle toujours à l’espérance, quand le ciel s’assombrit au-dessus de ma tête. Demain est un autre jour, me dit-elle à chaque fois. Notre situation n’est pas pire que celle de ceux qui n’ont plus un petit chez eux. Ceux qui sont à Calais par exemple. Elle a raison. Mais de quoi je me plains ?

Toutefois, avec moins de 30€ dans la poche, je finis le mois la tête haute. Je ne demande pas la charité. Je demande à ce qu’on me fiche la paix. Car je n’ai volé personne. Je n’ai tué personne. Je n’ai diffamé personne. Je n’ai vendu mon âme à personne. J’ai toujours refusé le premier verre, des offres alléchantes. Conscient que lorsqu’on accepte le premier verre, on est obligé de finir la bouteille et d’enchainer avec une deuxième. Conscient que lorsqu’on accepte d’être acheté un jour, on finit par se soumettre pour toujours: «La République française du Qatar» donne les noms de quelques intouchables. D’autres ont des cavernes[43]. Si l'État cherche vraiment à les coincer, il peut le faire en moins d’une demi-journée. Mais …

Ma conscience n’est pas à vendre[44]. La liberté d’expression a toujours eu un prix. On ne la revendique pas. On l’exerce. Sinon, elle meurt. « La liberté de la presse ne s’use que lorsque l’on ne s’en sert pas » cancane le Canard. Elle a un prix. Je l’assume dans la difficulté. Me concernant, principalement, à cause de cet agenda judiciaire et de cette exposition publique dans le décryptage de l’islamisme, j’ai du quitter, malgré moi, mon poste d’ingénieur d’études chez mon ancien employeur. Celui-là même qui dès qu’il a appris que je suis intervenu dans le Dossier Tabous «L’islam en France : la République en échec»[45], diffusé par M6 le 28 septembre 2016, a sitôt songé à contacter les services français -- je travaillais au Luxembourg à cette période -- pour savoir si j’étais (ou pas) fiché «S». Imaginez l’ambiance ! Convoqué au bureau du patron, j’ai passé du temps à lui expliquer ce qu’il avait mal compris. Avant de sortir, je lui ai offert mon essai autobiographique. C’était en octobre 2016. Le 15 mars 2017, j’ai quitté mon poste tellement la pression était devenue insupportable. Difficile de retrouver un boulot, après un tel épisode, il fallait continuer de survivre dans la dignité. Après un temps d’hésitation et de tentatives de reconversion, comme conseiller et formateur, le destin en a décidé autrement. Ingénieur je suis. Ingénieur je resterai. Le 24 décembre 2017, une porte s’est ouverte vers 10h du matin. La magie de Noël, on dirait. Ce nouveau rebondissement risque fort de me causer à nouveau quelques soucis professionnels avec mon nouvel employeur alors que je suis en période d’essai. J’en suis conscient. Mais, ai-je le choix ? Non.

L’islamisme, ses soutiens, ses émissaires conscients et inconscients, et ses faux-adversaires atteindront, à terme, ma ruine. Mais ils n’auront jamais ni ma plume, ni ma liberté d’expression. Ils pourront appauvrir ma petite famille, après l’avoir tué socialement. Ils pourront me jeter avec ma femme, mes trois enfants et mes deux chats à la rue mais ils ne pourront pas me faire taire. S'ils insistent, qu'ils changent de procédés comme ils savent le faire. L’idée pacifique que je me fais de la laïcité, de la République, de l’Europe et de l’Humain, résiste à toute sorte de pression et exige bien des sacrifices. J'en sais quelques choses. La France m’a tant donné depuis 1999. C'est elle qui m'a ouvert l'esprit et m'a libéré des jougs des Frères musulmans en 2006. Servir sa stabilité, servir son idéal humaniste, servir sa paix durable, est un honneur pour moi. Plus qu'un honneur, un engagement. Elle peut me condamner si elle le souhaite, pour plaire aux émirs qui achètent ses engins militaires. Elle peut m’assigner au box des accusés si cela lui procure du plaisir. Elle peut m’infliger toute sorte de supplices judiciaires pour ne pas se fâcher avec ceux qui tiennent désormais sa balance commerciale. Je ne la détesterai jamais. Elle m’a tant donné. Je lui suis redevable pour tout. Je lui renouvelle mon serment, mon allégeance citoyenne. Je continue à lui dire ma vérité, toute ma vérité, rien que ma vérité: en chuchotant à ses oreilles ou en criant à haute voix. Qu'elle m'écoute ou pas. Je continue. Qu'elle me blâme ou pas. J’assume.
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Cagnotte :
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Des amis manifestent une volonté admirable de participer aux frais relatifs à ce 5ème procès. Je les remercie d'avance de leur générosité citoyenne. Ce lien indique le chemin vers une cagnotte que je mets à disposition de mes soutiens, femmes et hommes :

https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-mohamed-louizi-2944…

Merci pour tout !

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Notes :
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[1]-http://mlouizi.unblog.fr/…/presidentielle-emmanuel-macron-…/
[2]- http://mlouizi.unblog.fr/…/presidentielle-emmanuel-macron-…/
[3]- http://www.valeursactuelles.com/…/yanis-khalifa-le-candidat…
[4]- http://www2.assemblee-nationale.fr/deput…/fiche/OMC_PA722118
[5]- http://www.valeursactuelles.com/…/le-communautarisme-en-mar…
[6]- http://www.lepoint.fr/…/les-indiscrets-du-point-un-fiche-s-…
[7]- https://www.dailymotion.com/video/x5l4h7n
[8]- http://www.liberation.fr/…/monsieur-le-president-vous-avez-…
[9]- http://mlouizi.unblog.fr/…/edouard-philippe-futur-premier-…/
[10]- https://www.facebook.com/mohamed.louizi/posts/10214774346617197
[11]- http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/10952
[12]- http://gate.ahram.org.eg/News/166809.aspx
[13]- http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9807
[14]- https://www.marianne.net/…/redonner-de-la-valeur-au-bac-pie…
[15]- https://www.marianne.net/…/luoif-ou-comment-inviter-des-pre…
[16]- https://blogs.mediapart.fr/…/7-fevrier-un-doigt-d-honneur-d…
[17]- http://www.lejdd.fr/…/laicite-en-fait-le-discours-de-emmanu…
[18]- https://www.nouvelobs.com/…/devant-les-chefs-religieux-emma…
[19]- http://www.lepoint.fr/…/habermas-l-inspirateur-d-emmanuel-m…
[20]- http://www.laviedesidees.fr/Habermas-et-la-dialectique-de-l…
[21]- http://journals.openedition.org/trema/2710
[22]- http://www.archipel.uqam.ca/4900/1/D2191.pdf
[23]- http://en.qantara.de/…/conference-with-jurgen-habermas-and-…
[24]- http://www.fr.de/…/tagung-ohne-muslime-kein-europa-a-1184113
[25]- http://www.philomag.com/…/emmanuel-macron-adoube-par-jurgen…
[26]- https://bibliobs.nouvelobs.com/…/ce-fascinant-monsieur-macr…
[27]- A lire intégralement ici : http://www.pileface.com/…/Ce%20fascinant%20Monsieur%20Macro…
[28]- http://www.pileface.com/…/Ce%20fascinant%20Monsieur%20Macro…
[29]- http://mlouizi.unblog.fr/…/les-jalons-de-fr…/comment-page-1/
[30]- https://islamonline.net/22879
[31]- https://laregledujeu.org/…/une-victoire-de-marine-le-pen-f…/
[32]- Ibid.
[33]- Ibid.
[34]- Ibid.
[35]- https://laregledujeu.org/…/sos-syrie-grand-meeting-pour-un…/
[36]- https://www.nouvelobs.com/…/nous-voulons-une-syrie-libre-et…
[37]- https://laregledujeu.org/…/les-fascislamistes-freres-musul…/
[38]- Ibid.
[39]- http://www.lefigaro.fr/…/97001-20111120FILWWW00182-libye-bh…
[40]- http://www.lepoint.fr/…/libye-la-legislation-du-pays-sera-f…
[41]- http://www.lepoint.fr/…/la-libye-la-charia-et-nous-03-11-20…
[42]- Ibid.
[43]- https://blogs.mediapart.fr/…/b…/311215/caverne-d-amar-lasfar
[44]- https://blogs.mediapart.fr/…/b…/131115/elle-n-est-pas-vendre
[45]- https://rutube.ru/video/f590b2fc38b7176e0806219be4d0552a/

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