l'acte 3 d'une stratégie de pourrissement.

Les Frères musulmans et le scandale Tariq Ramadan : l'acte 3 d'une stratégie de pourrissement.
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Alors que la première accusation pour viol, visant l'islamiste Tariq Ramadan, a été rendue publique le 20 octobre 2017[1], la réaction des Frères musulmans en France ("Musulmans de France", ex-UOIF) s'est faite attendre. Il fallait s'armer de patience pour qu'enfin, le 5 février 2018, voir l'islamiste Amar Lasfar, au titre de "l'acte 1" officiel de leur stratégie de communication, dire : "Tariq Ramadan n'est pas un prophète"[2]. Et ce, lors de son invitation à La Matinale de CNews, face à Jean-Pierre Elkabbach.

Quant au communiqué officiel de la branche française des Frères musulmans, il n'a été signé que le jeudi 14 février 2018. Les Frères musulmans ont choisi le jour symbolique de la Saint-Valentin pour dire leur soutien à Tariq Ramadan, leur crainte pour sa santé, sans adresser aucun message de sympathie ou de soutien à ses victimes présumées [3] en France, en Suisse ou aux USA.

Aujourd'hui, place à "l'acte 3". C'est ce que cette vidéo montre et immortalise. En effet, devançant de quelques pas son équipe et aussi le Frère franco-tunisien Abdellah Ben Mansour -- qui est le président de la Fédération des Organisations Islamiques en Europe (FOIE), la branche européenne des Frères musulmans -- Amar Lasfar, l'apparence émue, dit vouloir s'adresser à Tariq Ramadan par un "langage de cœur" pour lui dire, entre autres, toute sa solidarité. A aucun moment, il n'a adressé le moindre message aux victimes présumées de Tariq Ramadan. Une constance. Une sorte d'inversion accusatoire, habituelle dans ces milieux : le "présumé coupable" devient "présumée victime" et des présumées victimes ne sont même pas mentionnées.

Selon des informations et des sources concordantes, des femmes se seraient déjà confiées à des membres de la direction de l'UOIF à la Courneuve (et aussi à Hani Ramadan à Genève), il y a quelques années, pour les alerter. Elles auraient été reçues mais sans suite. Des questions lancinantes s'imposent: que savaient Amar Lasfar et son équipe, depuis des années, de ce l'on reproche aujourd'hui à son invité de marque, sa vitrine, Tariq Ramadan ? S'ils étaient mis au courant depuis au moins l'année 2012, pourquoi n'ont-ils pas pris au moins des précautions, pour protéger d'autres femmes, et d'alerter l'État comme l'exigent les règles élémentaires du Droit français ? Quid d'une certaine complicité des Frères "Musulmans de France", ex-UOIF, à Paris et en province ? ...

Par ailleurs, on voit le Frère El Bachir Boukhzer, actif sur le réseau islamiste à Clermont-Ferrand, qui appelle la salle à se mettre debout pour Tariq Ramadan. L'expression arabe qu'il a utilisée n'est pas anodine. Elle renvoie à tout un champ lexical et idéologique des Frères musulmans. Boukhzer a appelé les présents à une, je cite : "Waqfat'ou Soumûd" (وقفة صمود). Ce qui veut dire, en français, "se mettre debout par indocilité, désobéissance et résilience". Le terme "Soumûd" (صمود) n'étant pas l'équivalent de "solidarité"."Waqfat'ou Soumûd" ne doit pas être traduite par l'expression "moment de solidarité" comme le fait, en parfaite connaissance du sens idéologique du mot, le Frère El Bachir Boukhzer. Car le mot "solidarité" se traduit en arabe par le vocable "Tadamoun" (تضامن). Dans certaines banlieues françaises, le terme "Soumûd" (صمود) est utilisé pour dire : "incarner la résistance et la résilience du peuple palestinien [...]"[4].

Toutefois, ce vocable a toute une charge idéologique, à ne pas sous-estimer. Il indique surtout un sens, à l'instant "t", convergeant vers une direction prévisible et pas très joyeuse. La rébellion des réseaux fréristes dans des pays arabes l'utilise presque comme premier acte dans une longue succession de vendredis de contestation politique, allant de la manifestation "pacifique" dans la rue, après la prière hebdomadaire, jusqu'à l'affrontement violent, arme à la main.

Les arabophones et les arabisants trouveront dans cet article de la chaîne al-Arabia [5] un aperçu de cet usage sémantique dans le cadre du conflit syrien, par exemple : "Jomo'at al-Soumûd" (جمعة الصمود = le vendredi de l'indocilité) ; suivi de "Jomo'at al-Isrâr" (جمعة الإصرار = le vendredi de l'obstination) ; suivi de "al-Jomo'a al-Adhima" (الجمعة العظيمة = le vendredi glorieux) ; suivi de "Jomo'at al-Ghadab" (جمعة الغضب = le vendredi de la colère) ; suivi de "Jomo'at al-Tah'adî" (جمعة التحدي = le vendredi du défi ou de l'affrontement). Ce même vocable a été utilisé par cette mouvance islamiste en Égypte [6][7] et même ailleurs (en Irak, au Yémen, ...). Désormais, la direction des Frères musulmans en France le prononce, toujours en arabe, à Paris-Le Bourget dans le cadre de ce qui ressemblerait à une stratégie menaçante de pourrissement volontaire.

Il y a quelques jours, j'ai expliqué à un ami le mécanisme rodé de cette stratégie de pourrissement qui part d'un préalable victimiste habituel : dans le cas présent, la confrérie considère que "Tariq Ramadan est une victime persécutée" par la Justice française qui ne traiterait pas Tariq Ramadan comme un justiciable comme les autres. L'évocation sommaire de la "présomption d'innocence" n'est adressée qu'à la consommation médiatique, et en plus, cela ne mange pas de pain. Dès lors, la mouvance installe, en dehors des champs des caméras et des microphones, dans les esprits de ses soumis et soumises, adultes et jeunes, et même dans des pêches de vendredi, cette idée victimiste non sans conséquences dramatiques, à long terme, surtout chez les jeunes.

Alors que Tariq Ramadan, même en cas de condamnation(s), ne risque ni la lapidation (comme l'exige sa Charia), ni même la "castration physique" comme vient de l'adopter ces jours-ci, dans une loi, le gouvernement islamiste au Maroc[8], l'histoire de la mouvance, depuis 1928, témoigne de cette même façon d'agir, dans des cas pareils : de l'emprisonnement et la pendaison de l'islamiste Sayyid Qotb en 1966, jusqu'à la chute et l'emprisonnement de son élève Mohamed Morsi en 2013, cette mécanique macabre a toujours fonctionné exactement de la même manière.

Au début, la confrérie dénonce "pacifiquement", dans des communiqués, ce qu'elle considère comme "une injustice". Ensuite, elle descend dans la rue pour manifester. Elle communique partout, et surchauffe les esprits, y compris dans des mosquées et lieux de culte [9][10]. Elle fait fi de tous les éléments et les témoignages accessibles dans la presse. Elle crie au complot tout en lançant, au passage, des cagnottes pour récupérer quelques "petits" billets. Elle monte ensuite d'un cran et désigne des coupables : des journalistes, des policiers, des juges, des politiques, etc. Elle sait très bien que dans ses cortèges, dans les rangs de la prière et dans ses rassemblements, il n'y a pas que de "sages" adultes, femmes et hommes. Il y aussi, voire surtout, des enfants et des jeunes émotifs en manque de recul.

Malgré cela, tout est fait pour entretenir la pression sur l'État et maintenir un état de bouillonnement critique chez tous ces esprits pas totalement structurés. Au bout d'un certain temps, une partie de cette jeunesse des quartiers, chauffée à blanc, se radicalise, bascule du côté sombre -- alors que tout le monde sait que la violence commence d'abord dans les têtes -- et se fait entendre par l'action violente. Son passage à l'action, parfaitement prévisible, se matérialise par des attentats et des assassinats ciblant des hommes politiques, des journalistes et des magistrats, entre autres. A ce moment là, la confrérie publie un communiqué pour se désolidariser de ces groupuscules de jeunes fréristes en précisant qu'elle n'a jamais commandité des attentats. Mais après quoi ! Un communiqué de presse, cela ne mange toujours pas de pain, encore une fois.

Ainsi, si l’État français ne fait rien pour stopper cette mécanique infernale et protéger une jeunesse convoitée par les islamistes, il n'est vraiment pas difficile de prédire ce qui risque de se passer en France autour du "Ramadan Gate" comme autour d'autres sujets brulants. Il suffit d'étudier très attentivement le déroulement de ce mécanisme rodé en Égypte, au moins depuis juillet 2013 pour en tirer toutes les conclusions. Le Royaume-Uni semble avoir pris la mesure du danger, en classant, depuis décembre 2017, parmi sa liste des organisations terroristes, deux organisations de jeunes, toutes issues de la mouvance des Frères musulmans, parmi lesquelles l'organisation "Hasam" (حسم) (ou "Hasm")[11] et l'organisation "Liwa al-Thawra" (لواء الثورة). A la page 11 et 15 du rapport "PROSCRIBED TERRORIST ORGANISATIONS"[12] du gouvernement britannique, datant du 22 décembre 2017, on a un aperçu des cibles des actes terroristes de ces jeunes Frères musulmans : attentats à la bombe contre la police et contre des cibles diplomatiques. Ces jeunes ont aussi assassiné des juges et des procureurs [13].

Enfin, je ne cesserai pas de dire que les Frères musulmans maîtrisent parfaitement cette mécanique macabre mi-politique, mi-jihadiste. Il suffit parfois de peu de chose pour la stopper. Je dirais même par les seuls outils de l’État de droit. Pas besoin d'en rajouter. Je ne comprends pas pourquoi l’État tolère, aujourd'hui en France, qu'un Frère musulman, poursuivi pour viols, soit défendu par un réseau islamiste (avec des rattachements au Qatar), constitué autour d'un Frère musulman polygame dont la deuxième femme -- lui dirait peut-être que ce serait sa "maîtresse" ou sa "petite-amie" -- est à la tête d'un "mouvement transnational : Résistance et Alternative"[14] qui fait du soutien de Tariq Ramadan la priorité des priorités [15] ? Suivez mon regard !
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Notes :
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[1]- http://www.lemonde.fr/…/tariq-ramadan-accuse-de-viol-par-he…
[2]- https://tv-programme.com/…/amar-lasfar-quot-tariq-ramadan-n…
[3]- http://www.uoif-online.com/communiques/communique-10/
[4]- https://villeneuve-saint-georges.fr/…/Programme-FDB-17web.p…
[5]- http://www.alarabiya.net/…/93-جمعة-سورية-من-الثورة-أرعبت-ال…
[6]- https://www.facebook.com/ajmubasher/videos/1065697690109631/
[7]- http://ww.almasryalyoum.com/news/details/332198
[8]- https://www.hespress.com/societe/386575.html
[9]- http://www.lavoixdunord.fr/…/un-imam-de-roubaix-fait-le-buz…
[10]- http://www.lavoixdunord.fr/…/des-responsables-musulmans-app…
[11]- http://mlouizi.unblog.fr/…/jihadisme-freriste-si-vous-avez…/
[12]- https://www.gov.uk/…/…/file/670599/20171222_Proscription.pdf
[13]- http://www.lemonde.fr/…/au-moins-35-policiers-et-soldats-tu…
[14]- https://www.cilecenter.org/…/lancement-dun-mouvement-trans…/
[15]- https://www.facebook.com/resistancealternative/

Date de dernière mise à jour : 04/04/2018

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