La gauche en danger:

La gauche en danger: gare au chaos fasciste de la haine

Les 4, 5 et 6 mai se tenait à la Bourse du Travail de Saint-Denis une réunion indigéniste et islamiste (1), organisée notamment par le PIR (Parti des Indigènes de la République) dont j’ai analysé récemment certains motifs idéologiques à travers une analyse du discours de M. Azzedine Benabdellah(2).

Le dimanche 6 mai, Stella Magliani-Belkacem est intervenue (3) pour indiquer la nouvelle orientation du PIR, qui fait un constat d’échec de sa stratégie d’infiltration des organisations de gauche, et envisage une alliance avec les groupes des «Black blocs». Cette réorientation est l’œuvre de Félix Boggio Ewanjé–Epée, Houria Bouteldja et Sadri Khiari.

L’oratrice salue la présence d’Antonin Bernanos (qui a été mis en examen puis jugé coupable et emprisonné dans l’affaire de la voiture de police brûlée sur le quai Valmy en 2016) dont elle précise «il est des nôtres… de nos martyrs emprisonnés» car «on est nombreux à concevoir que c’est en prison que vit aujourd’hui ce qui fait peut-être le noyau le plus conscient politiquement de notre indigénat au sens large». {Nous ne doutions pas que le plus haut niveau de «conscience politique» de l’indigénat pouvait passer par la case prison, où mafias, islamistes, indigénistes recrutent en nombre leurs «martyrs».}

L’ennemi «puissant» du PIR, qui tente de coaliser les «luttes de l’immigration et des quartiers populaires» est appelé au choix: «pouvoir blanc, racisme d’Etat, racisme structurel, racisme systémique». La gauche a partagé certains combats du PIR (lutte des décolonisations, solidarité avec la résistance palestinienne) et c’est une victoire quand elle «reprend nos revendications, nos slogans, quand elle se joint à nos mots d’ordre». Bref, loin d’être récupéré par la gauche, le PIR a infiltré une partie de la gauche, le NPA, Ensemble, le PCF, les syndicats solidaires. Ainsi, par exemple, «Quand Sud-Education se fait attaquer par le ministre de tutelle à cause du concept de racisme d’Etat, il est évident que nos thématiques ont indéniablement progressé. [...] À mesure que notre autonomie s’affermit, on peut supposer que nous sommes à même de gagner une hégémonie sur une partie des classes populaires et sur une grande partie des organisations qui les représentent.

Mais, ajoute Mme Magliani-Belkacem, la situation politique est devenue moins favorable à cette entreprise d’infiltration par le PIR des organisations de gauche, car elle fait face à «cette grosse machine qu’est la France Insoumise», à un NPA affaibli, et aux syndicats avec lesquels le PIR n’a pas encore suffisamment de liens alors qu’ils sont «l’un des premiers espaces de politisation en nombre des indigènes».

Les Insoumis sont un os car l’un de leurs pôles est «social-chauvin», «islamophobe», et que les militants de base proches du PIR «n’ont aucun poids en interne».

{Voilà qui, de mon point de vue, est pleinement rassurant}.

Le PIR songe donc à se tourner vers les Black Blocs, dont nombre de participants «sont des sympathisants de l’antiracisme politique». Leur intérêt est d’offrir «une option d’affrontement radical avec l’Etat», de proposer un « répertoire de techniques pour se défendre de la police et de l’extrême-droite», de bousculer cette partie de la gauche radicale qui «s’est installée dans une routine contestataire sans vraiment remettre en cause le pouvoir d’Etat» pour des raisons opportunistes: «ne pas vouloir effrayer le citoyen, blanc, qui fait confiance à la police [...] Il ne faut pas brusquer ceux qui sont attachés à l’Etat impérialiste français [...]. Face à cette routine, il est donc important «de voir s’installer une hostilité de principe et une incivilité aussi qui est pratiquée envers les institutions».

{Hostilité de principe et incivilité: un sacré programme}.

Pour bien s’entendre avec les Black Blocks, il faudra travailler sur le statut de la prison. Nombre de BB sont attachés à l’idée que «tous les incarcérés sont des prisonniers de la guerre sociale, qu’on ne peut pas distinguer les militants et les autres en prison». Pour le PIR, c’est plus compliqué. «Leurs militants, eux, ils tombent pour violence en réunion dans le cadre d’actions politiques. Les nôtres, il faut le dire, dans nos familles, notre sang, les nôtres tombent à cause de leur quotidien difficile (…) , à cause de la lutte contre la drogue, dans nos familles, nos milieux, on n’en parle pas facilement, et on en a honte. Cette honte est légitime, mais dépasser cette honte, ça ne pourra se faire que collectivement. Cette honte, on ne peut pas la minimiser, sous prétexte qu’on serait tous pareils, que toute incarcération est illégitime. Il faut qu’on fasse prendre conscience que la prison résulte désormais de la condition qui nous est faite en tant qu’indigène, en France et dans le reste du monde.»

{Donc - mais ça nous le savions déjà - tout acte de délinquance, de violence commis par «les nôtres, nos familles, notre sang» sont des actes politiques de résistance au pouvoir impérialiste}

Laissant de côté la «mélucherie», le PIR va donc recruter à gauche tous ceux qui luttent «pour la Palestine» «contre l’impérialisme blanc», «pour l’antiracisme», «contre l’islamophobie», car ce sont là les critères de sélection politique, les mantras, les crash-tests imparables de la soumission des groupes de gauche à l’idéologie du chaos et de la haine antirépublicaine portée par les groupes indigénistes et islamistes.

La gauche doit donc très vite se ressaisir, comme l’a fait récemment un article du Monde Libertaire qui note une incroyable absence dans le répertoire des groupes fascistes établi par le mouvement antifasciste La Horde: «celle des mouvements islamistes et de leurs officines officielles, par exemple, l’UOIF, désormais appelé Musulmans de France (ce qui devrait quand même nous alarmer sur la volonté hégémonique de cette association rattachée aux Frères Musulmans) ou le Parti des Indigènes de la République » (4).

Il y a vraiment urgence. La gauche doit défendre vent debout la France laïque et républicaine, les valeurs universalistes, attaquer toutes les logiques communautaristes, qu’elles s’appuient sur des religions, des ethnies ou des couleurs de carnation. Elle doit combattre les idéologies de haine sexiste, raciste, antisémite, homophobe, et rejeter toute forme de complicité, de collusion et de collaboration avec les pires. Autrement, elle basculera elle-même dans le fascisme.

(1) dont le site «Saint Denis Ma Ville» a rendu compte : https://www.saintdenismaville.com/5842-2/

(2)https://www.marianne.net/debattons/forum/le-pir-des-cauchemars

(3) https://www.saintdenismaville.com/wp-content/uploads/2018/05/Bandung-Verbatim-enregistrement-Stella-MAGLIANI.pdf

(4) https://monde-libertaire.net/?article=50_nuances_de_haine

Date de dernière mise à jour : 16/05/2018

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