Le CCIF et sa référence à l’Allemagne des années 30, l’arroseur arrosé

 

Le CCIF et sa référence à l’Allemagne des années 30, l’arroseur arrosé (par Naëm Bestandji)
“y’a pas un niveau de sacrifice en dessous duquel les gens ils vont nous accepter. Allah, soubhanahou wa ta’ala, il nous donne encore une fois la réponse dans le coran : on ne sera satisfait de nous que quand on aura abandonné notre religion pour suivre la leur. Il n’y a pas un degré d’acceptabilité de notre religion. C’est pour ça qu’on met en scène l’histoire du musulman modéré et du musulman extrémiste. Parce qu’on espère que, pour ne pas être pris pour un extrémiste, chacun d’entre nous va accepter de faire toutes les concessions pour qu’on nous donne le pin’s d’acceptabilité de « ça y est, c’est bon, tu es un modéré. » (…) Ce qu’ils appellent l’islam des Lumières, moi j’appelle ça l’islam du réverbère.”
 
Au moins, c’est clair... Ces déclarations ont été faites par Marwan Muhammad, à l’époque porte-parole du CCIF, à une conférence-débat qui s’était tenue à la mosquée de Vigneux le 30 avril 2011. Mosquée qui a vu défiler de nombreux prédicateurs intégristes de France et d’ailleurs. Organisée par l’association culturelle des musulmans de Vigneux, elle avait pour thème “islamophobie, notre responsabilité face à l’injustice”. L’ensemble des propos idéologiques qui ont été tenu lors de cette conférence sont courant et régulièrement répétés par l’ensemble des intégristes. Ce discours politique et religieusement radical est intéressant car il concentre une bonne part de la vision de l’islam politique.
 
Le CCIF, qui se présente comme grand défenseur de la laïcité et du vivre ensemble, n’est pas à une contradiction et un amalgame près. C’est une stratégie pensée et structurée pour perdre les français et les culpabiliser s’ils ont le malheur de critiquer les intégristes musulmans. Pour cela, deux outils sont utilisés par l’ensemble des islamistes : la victimisation et “l’islamophobie” (terme qui a pris son essor avec les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour stigmatiser les femmes refusant de se voiler). S’il existe effectivement des actes et propos anti-musulmans (et il faut les sanctionner), le CCIF inclus surtout dans son action la lutte contre toute critique de l’islam, de l’islamisme, et contre toute opposition laïque. Il considère les intégristes comme de simples musulmans. La lutte contre l’intégrisme se transformant ainsi en une lutte contre les musulmans en général. Et c’est tout cela qui serait de l’islamophobie, à leurs yeux un délit. Les musulmans modérés étant considérés comme les “musulmans de service” (cité également dans cette conférence). Le piège de ce terme inapproprié, et qui n’existe pas en droit français, a été mainte fois démontré.
 
D’un autre côté, Il ne fait aucune distinction entre ses adversaires : l’extrême droite est mise dans le même sac que les défenseurs de la laïcité et de l’égalité des sexes : tous des fachos ! Cette stratégie en dit long sur leur vision de la démocratie. Comme tout mouvement inspiré des Frères musulmans, il utilise les termes de nos valeurs (démocratie, valeurs républicaines, laïcité, liberté, …) pour en détourner le sens et les retourner contre nous. Rien de mieux pour culpabiliser les laïcs et les féministes. Et ça marche sur beaucoup d’entre eux.
Marwan Muhammad n’a jamais souhaité non plus donner son opinion devant le grand public sur l’instrumentalisation de la religion à des fins sexistes et misogynes, comme le voile par exemple. Pour ne pas montrer sa radicalité, il botte en touche en se présentant comme simple défenseur des opprimés et souhaite rester uniquement sur le terrain juridique (et politique). Mais quand il est face à son public, comme lors de cette conférence, c’est tout autre chose. Tout en restant dans le discours politique, il n’hésite pas à faire la leçon en citant Allah, le coran, le prophète. Il devient un imam devant ses fidèles. Il ne s’adresse plus à des hommes et des femmes, ou à des citoyen(ne)s, mais à des “frères” et “sœurs”. Comme tout bon islamiste, il a une lecture littéraliste du coran, il distille l’idée de l’impudeur des femmes de culture française, il expose sa vision rétrograde du rôle de la femme musulmane, et il magnifie la suprématie de l’islam sur la France et sur le monde. Il n’a aucun état d’âme non plus à faire des comparaisons choquantes (et historiquement fausses) avec les juifs. Cette conférence, dont le thème et le discours dégoulinent de victimisation surréaliste, n’est pas différente des autres.
 
A un moment, la mine grave et sur un ton solennel, il déclame :
“C’est l’histoire d’un pays qui chaque jour bascule un peu plus dans l’islamophobie. Ce pays, c’est pas l’Allemagne des années 30. C’est la France des années 2010. Cette façon de nommer un culte, cette façon de nommer des croyants, cette façon de les stigmatiser et de dire qu’ils posent problème et qu’ils mettent en péril l’identité du pays, c’est exactement la manière dont on stigmatisait les juifs au début du siècle dernier. C’est pas dans l’Allemagne des années 30 qu’on mitraille des mosquées. C’est pas dans l’Allemagne des années 30 qu’on dit à des enfants tu n’iras pas au centre de loisirs parce que tu ne veux pas manger du pâté et du jambon à l’école. Ce n’est pas dans l’Allemagne des années 30 qu’on viole des femmes le jour de l’Aïd. Qu’est-ce que nous, musulmans, on fait pour changer ça ? Et est-ce qu’on est responsable de changer ça ? La réponse est dans la question.”
 
Passons sur les énormités à propos du pâté et du jambon, et du viol des femmes le jour de l’Aïd. Ben oui, les violeurs aussi sont “islamophobes” : ils osent violer des femmes le jour de l’Aïd ! Ils pourraient quand même attendre le lendemain, par respect ! Les viols sont bien moins graves le reste de l’année (estimés à 75000/an). Ils n’ont vraiment aucun respect ces violeurs… Ou bien le viol serait plus grave si les victimes sont musulmanes ? Dans son propos, si le viol a lieu le jour de l’Aïd, ce n’est plus un crime commis sur une femme mais un acte “islamophobe” contre une musulmane...
 
Alors passons. A part ça, nous voyons ici une des rhétoriques les plus utilisées par les intégristes musulmans : l’analogie victimaire avec l’antisémitisme. Mais n’est pas historien qui veut. Cette analogie qui se veut historique n’a rien à voir avec l’Histoire. Les comparaisons sont hors sujet et il n’y a aucune mise en contexte. Mais comment lui en vouloir ? Comme tout bon intégriste qui se respecte, il aborde aussi le coran exactement de la même façon. De plus, la comparaison faite par les islamistes entre ce que subiraient les (intégristes) musulmans aujourd’hui et les persécutions des Juifs dans les années 30 est assez ironique, quand on connaît l’antisémitisme du monde musulman et chez une partie des français de confession musulmane.
 
Cette rhétorique islamiste commence d’abord par la création d’une figure raciale, celle de l’opprimé supposé. Le problème ne relèverait plus d’une idéologie religieuse choisie, mais d’un groupe racialisé persécuté. Il y aurait une race musulmane comme il y a un peuple juif. Cela rappelle les théories racialistes et racistes du Parti des Indigènes de la République. On comprend mieux les liens qu’ils entretiennent. C’est par cette stratégie que “l’islamophobie”, délit imaginaire, devient un racisme. La religiosité, et de surcroit la religiosité extrémiste, relève pourtant d’un choix, pas d’une origine ethnique. L’autre problème est qu’il y a une essentialisation qui piège les musulmans qui n’ont pas choisi le radicalisme, en les incluant malgré eux dans le système victimaire et racialisé par les islamistes.
 
Dans l’Allemagne des années 30, les juifs ne cherchaient pas à se distinguer et ne demandaient aucun aménagement pour leur religion, contrairement au CCIF et aux autres islamistes en France aujourd’hui. Ils ne demandaient pas à l’Allemagne des accommodements à leurs pratiques rigoristes sous la menace d’être accusés de judéophobie. La référence à l’Allemagne des années 30 concerne l’antisémitisme, pas l’anti-judaisme. L’anti-judaïsme est une opinion qui concerne une religion. L’antisémitisme est un racisme puisqu’il vise une ethnie. Comparer l’antisémitisme à “l’islamophobie”, c’est mettre au même niveau la manifestation d’un racisme et l’expression d’une critique religieuse, dont la critique de l’extrémisme religieux.
Dans les années 30, les juifs ont été persécutés. Ils ne l’ont pas été pour leur religion, mais en tant que groupe racial. Un juif pouvait donc être non pratiquant, athée ou converti au catholicisme, il était quand même discriminé, harcelé, spolié puis plus tard déporté. Le juif était considéré comme faisant partie d’une race inférieure et impure. Sa judaïté n’était pas un critère. D’ailleurs, les nazis n’ont pas empêché les juifs pratiquants d’exercer leur culte.
 
En France aujourd’hui, les musulmans, y compris les intégristes, ne sont évidemment pas persécutés. L’islamisme politique s’exprime même sans difficultés (n’est-ce pas M. Muhammad ?). De nombreuses associations officiellement culturelles, qui sont en réalité cultuelles, reçoivent des subventions publiques (comme l’association culturelle des musulmans de Vigneux ?). Les musulmans, tout comme les croyants des autres religions, sont même protégés par notre laïcité. Le CCIF le sait bien puisqu’il n’hésite pas à se servir de ces lois et à attaquer en justice quand il estime qu’il y a eu un acte “islamophobe”. Et s’il y a vraiment eu discrimination, la justice de ce “pays islamophobe” leur donne raison. Les juifs avaient-ils toutes ces possibilités dans l’Allemagne des années 30 ? Bien-sûr que non. Bien au contraire, l’Allemagne des années 30 avait fait de l’antisémitisme un programme politique en promulguant des lois pour exclure totalement les juifs de la société : interdiction du mariage et des relations extraconjugales entre Juifs et citoyens de sang allemand, interdiction pour les Juifs d’exercer certains métiers, puis confiscation des biens juifs, etc.
 
S’il y a bien en France des lois d’interdiction, elles ne visent en aucun cas un groupe ethnique ni même les musulmans en tant que croyants. Elles visent à limiter l’expansion d’une idéologie totalitaire, du communautarisme et du sexisme au nom du religieux. Contrairement à ce que souhaite faire croire le CCIF, les lois ne concernent pas les musulmans, mais les dérives faites au nom de l’islam. Une musulmane modérée se fiche complètement de la loi sur le voile intégral ou de celle sur les signes religieux à l’école puisque cela ne la concerne pas. Elle peut pleinement vivre sa foi, et même être protégée contre les injonctions des intégristes. Rien de tel pour les juifs allemands des années 30.
 
C’est vrai que les actes et menaces anti-musulmans ont énormément augmenté en 2015. Mais leur nombre reste limité. Sachant qu’il y a eu en France plusieurs attentats et des dizaines de morts au nom de l’islam (par armes à feu, égorgement, écrasement). Sachant que les “représentants” des musulmans invités dans les médias sont presque toujours les militants de l’islamisme politique (UOIF, Tariq Ramadan, CCIF, etc.). Sachant que notre pays a une histoire et des acquis concernant la lutte pour l’égalité des sexes. Il est donc compréhensible que les français aient peur, et cela explique en partie la stupidité d’une minorité à commettre des actes anti-musulmans. Mais vu la gravité de la situation, la France en général a toutefois su rester digne. Quand on compare l’attitude de la France face à la barbarie qui la touche et l’islamisme qui se développe sur notre sol, cela n’a rien avoir avec l’attitude de nombre de musulmans à travers le monde pour quelques dessins caricaturant le prophète. De plus, pour revenir à la comparaison avec l’antisémitisme, il y a presque 2 fois plus d’actes antisémites alors que cette population est 6 fois moins importante en France que les musulmans. Et les actes et propos antisémites commis par des français musulmans sont en augmentation…
 
Il y a donc du racisme en France. Mais pas plus qu’ailleurs, et même bien moins que dans la plupart des pays du monde, surtout bien moins que dans bon nombre de pays musulmans. Les musulmans ne sont donc pas stigmatisés. Ce sont les dérives extrémistes et sexistes d’une partie d’entre eux qui sont dénoncées et combattues. En incluant volontairement l’ensemble des musulmans malgré eux, les islamistes contribuent à l’amalgame et à la peur de l’islam.
Alors pourquoi faire l’analogie entre “l’islamophobie” et l’antisémitisme de l’Allemagne des années 30 ? Car la référence à la persécution des juifs est la carte premium de la victimisation. D’autant plus qu’elle fait écho à notre traumatisme historique. Il n’y a donc rien de mieux pour culpabiliser la population, même si les persécutions des juifs allemands n’ont absolument rien à voir avec “l’islamophobie en France”. Cette analogie est également le moyen de diaboliser, culpabiliser et disqualifier tous ceux qui s’opposent à l’islamisme, en les comparant aux nazis. Les deux volets de ce stratagème sont particulièrement ignobles...
 
Mais allons quand même dans le sens de M. Muhammad, juste pour voir. Tentons de faire un parallèle avec le nazisme et l’Allemagne des années 30 qu’il aime tant évoquer. Voici la suite de son discours qui passe du statut victimaire à celui de communauté supérieure : “Allah, soubhanahou wa ta’ala, nous dit : vous êtes la meilleure communauté qui ait surgi sur Terre. Pas la deuxième, pas une bonne communauté, mais la meilleure des communautés. Et juste après, Allah soubhanahou wa ta’ala dit : vous recommandez le bien et vous interdisez ce qui est blâmable, et vous croyez en Allah soubhanahou wa ta’ala. Ça veut dire que cette caractéristique est une caractéristique identificatrice des musulmans. Elle nous fait sortir du rang et elle fait de nous les premiers de la classe auprès d’Allah soubhanahou wa ta’ala. C’est pas une petite caractéristique, mais c’est une responsabilité. C’est une responsabilité, pas que quand on s’attaque aux musulmans. C’est une responsabilité pour toutes les injustices qui frappent la terre sur laquelle Allah soubhanahou wa ta’ala nous a mis comme gérants, comme responsables de l’ordre public.”
 
Ce discours est surprenant pour n’importe qui, mais banal et tout à fait normal pour les islamistes. Il fait référence à la Sourate 3 verset 110 du coran : “Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. (…)”. Les musulmans modérés prennent le coran dans son esprit, pas à la lettre. Ils interprètent et adaptent l’islam en fonction du contexte, de l’époque, et de la société dans laquelle ils vivent. Ils estiment ainsi possible d’écarter des versets (sans pour autant les supprimer puisqu’ils existent) qui sont déconnectés de notre monde et ne sont plus applicable aujourd’hui. Tout ce que déteste le CCIF. Les intégristes, eux, considèrent que la parole de Dieu est éternelle et qu’il faut tout prendre à la lettre. Quitte même à extrapoler les écrits originaux dans un sens rigoriste et totalitaire qui les arrange. Le CCIF et l’ensemble des intégristes n’y voient aucun mal. Ce qui est d’autant plus terrifiant.
 
Ainsi, le porte-parole du CCIF affirme à ses fidèles que la communauté musulmane est supérieure à toutes les autres. Il revendique donc « une idéologie fondée sur la croyance qu'il existe une hiérarchie entre les groupes humains et que certaines catégories de personnes sont supérieures à d'autres ». Pourquoi je mets des guillemets ? Car je cite la définition exacte du racisme… Cette supériorité supposée donnerait aux musulmans la capacité de déterminer ce qui est bien ou mal pour tous. Cela rendrait cette communauté désignée par Dieu “gérante et responsable de l’ordre publique”. Cela porte un nom : le totalitarisme.
 
Cette pensée raciste et totalitaire est effrayante et choquante. Mais c’est si peu quand on connait celui qui a pensé et appliqué les mêmes idées, avec presque les mêmes termes, dans la fameuse “Allemagne des années 30” si souvent citée par M. Muhammad pour se poser en victime. Pour bien comparer, je le cite de nouveau : “Allah nous dit : vous êtes la meilleure communauté qui ait surgi sur Terre. Pas la deuxième, pas une bonne communauté, mais la meilleure des communautés. Et juste après, Allah dit : vous recommandez le bien et vous interdisez ce qui est blâmable, et vous croyez en Allah. Ça veut dire que cette caractéristique est une caractéristique identificatrice des musulmans. Elle nous fait sortir du rang et elle fait de nous les premiers de la classe auprès d’Allah. C’est pas une petite caractéristique, mais c’est une responsabilité. C’est une responsabilité, pas que quand on s’attaque aux musulmans. C’est une responsabilité pour toutes les injustices qui frappent la terre sur laquelle Allah nous a mis comme gérants, comme responsables de l’ordre public.”
 
Voici maintenant la pensée d’un allemand qui était dans le même délire : “L'Aryen est l'étincelle divine du génie (…) ; il a toujours allumé à nouveau ce feu qui, sous la forme de la connaissance, éclairait la nuit et montrait ainsi à l'homme le chemin qu'il devait gravir pour devenir le maître des autres êtres vivant sur cette terre. (Tome I, chapitre 11) [La] mission donnée au peuple allemand sur cette terre consiste uniquement à former un État qui considère comme son but suprême de conserver et de défendre les plus nobles éléments de notre peuple, restés inaltérés, et qui sont aussi ceux de l'humanité entière. (…) La tâche qui consiste à conserver et à défendre une espèce humaine supérieure (la race aryenne), dont la bonté du Tout Puissant a gratifié cette terre, apparaît une mission vraiment noble. (Tome II chapitre 2) [Le nazisme] doit avoir conscience de ce que, gardiens de la plus haute humanité sur cette terre, nous avons aussi les plus hautes obligations. (Tome II chapitre 14)”. Adolph Hitler, Mein Kampf
Pas mal pour une association qui prétend “défendre les droits de l’Homme”. Le CCIF a bien su inverser les rôles dans sa référence à l’Allemagne des années 30. Vous avez un peu la nausée ? C’est normal. A côté du CCIF, les idéologues fachos du FN passeraient presque pour des enfants de chœur.
 
Si cette conférence a eu lieu en 2011, la comparaison avec l’Allemagne des années 30, et la référence au verset cité, n’ont jamais cessé depuis.
Ainsi, le CCIF prétend défendre la laïcité mais la bafoue. Il prétend défendre les droits de l’Homme, et traite tous ses adversaires de fascistes, pour mieux défendre et véhiculer une idéologie raciste et totalitaire : le fascisme vert. On retrouve là, typiquement, la mécanique du Front National. Avec de tels défenseurs, les musulmans n’ont pas besoin d’agresseurs.
Loin de défendre les droits humains et les musulmans dans l’absolu, le CCIF, comme tous les islamistes, lutte pour une certaine idée de l’islam et la validation de l’intégrisme comme étant l’islam véritable. En cela, et en incluant les musulmans modérés malgré eux dans sa “communauté musulmane”, il entretien et développe volontairement ce qu’il prétend combattre : l’amalgame et “l’islamophobie”. Car ce qui crée la peur de l’islam chez nos concitoyens, ce qui aussi excite, donne des arguments et favorise l’extrême droite, c’est l’islamisme, dont le CCIF est idéologiquement la branche juridique en France. Cette stratégie peut fonctionner, mais seulement un temps, le temps de l’illusion.
 
Pour en finir avec la référence à l’Allemagne des années 30 si chère aux intégristes : si les démocraties s’étaient montrées faibles et parfois complaisantes avec le nazisme, il est vrai qu’il y a le même aveuglement et la même complaisance aujourd’hui avec une partie de la gauche et des féministes concernant l’islamisme. Mais nous, les féministes universalistes, les républicains démocrates et laïcs de gauche, de droite et de toutes confessions, ne commettrons pas la même erreur, dans “la France des années 2010”, avec ce nouveau totalitarisme qu’est l’islamisme. Ne l’oublions pas : “l’islamisme n’est pas une religion”, comme le disent très justement des musulmans laïcs. Les intégristes ne réussiront jamais à nous ramener au Moyen-Age, ni même à l’Allemagne des années 30, car ils ne peuvent rien contre le progrès des consciences.
 

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