Où l'on parle de Charlie...

 

Où l'on parle de Charlie...

3 ans ! Ça fait 3 années que c 'est arrivé.
Génériquement on parle d'attentat pour éviter d'imaginer l'acte en soi.
Notre 11 septembre à nous! Le moment où tu te souviens de ce que tu faisais quand tu as appris.

Une histoire commune qui naît dans le sang.
Le début d'une longue série de crimes. Bon ,il y avait déjà eu Merah , où l'on nous avait dit que ce loup solitaire était un gosse perdu que la société avait rendu sauvage. Et une espèce de pression violente dans des endroits de France dont tout le monde se foutait. Un changement dans la société ,un changement sourd, impalpable ,un gloubiboulga mélangeant Dieudonné, Allah et la révolution.

Le 7 janvier 2015, sous nos yeux ,prenait vie le Titan! En plus de cette boucherie, de l' hypercasher, de la chasse à l'homme ,il a fallu comprendre que la réalité est toujours loin de l'idée reçue.
Après le choc, l'assassinat médiatique multi- diffusé résonne encore 3 ans plus tard.

Ce qui faisait Charlie Hebdo, c'est cette idée que la France n'était pas un pays comme les autres. Un endroit où les opinions se discutent, un endroit où le dessin de presse parle plus qu'à un article de 200 lignes, un endroit où on ne va pas en prison pour ce qu'on dit. Un endroit où on peut défendre l'autre contre vent et marée en éclairant des sujets de sociétés, de religion,de politique. Un endroit où les consciences étaient libres!

Comment peut on décider un matin de tuer Cabu? Wolinsky? Maris?...
En surface ,pour conjurer l'incompréhension, d'aucun cherche des explications ,une faute commise qui expliquerait le déclenchement de la haine,une raison suffisamment précise pour comprendre ce cauchemar.
Mais en profondeur, chacun sait que ce jour sera le point de départ d'un basculement dans notre façon de voir les choses.

On peut donc mourir en France pour un délit d'opinion! Parce qu'on est journaliste! Parce qu'on parle des sujets tus, parce qu'on dit les choses autrement, parce qu'on les dessine!
Ce n'était pas la première fois que L'Hebdo subissait les foudres islamistantes. Un premier attentat avait déjà permis de se rendre compte de la virulence des réactions sur le sujet religieux. Où du moins ce qu'on pensait être religieux mais nous savons maintenant que c'est bien de la politique qui a amené 12 personnes à mourir un 7 janvier dans un bureau de rédaction.

Islamisme, athéisme, laïcité, société,satire, islam, racisme, islamophobie, clientélisme, liberté d'expression, anticléricalisme,...des concepts oubliés ou inconnus refont surface dans une société endormi par des années de chappe de plomb politique, de gestion de la ville, de politiques publiques aveugles , d'aménagement locaux, d'impunités géographiques, de collusions en tout genre, de négations angéliques...

En une journée, tout nous éclate au visage. D'autant que le lendemain, l'antisémitisme pur devient le sujet avec la prise d otage sanglante de l'hypercasher. Même si on nous colle le conflit israélo-palestinien comme raison première sans faire le lien avec Charlie. La foudre ne tombant jamais deux fois au même endroit , ça n'a forcément rien à voir! Et pourtant....

Nous avons donc sur notre sol, des gens armés et organisés qui veulent nous faire la peau. Pour des motifs que nous connaissons tous ,mais que nous refusons de voir.
Une partie de nos concitoyens, à basculée dans la haine de nous et c'est l'heure de payer le déni. La facture est salée et il faut payer cash! Dans le sang!

Mais la pression des injonctions anti-amalgame nous impose le retrait, bloque la sémantique. Nous avons tous ravalé des mots exprimant nos maux. Tenu en respect par les sociologues, les politiques, notre honte d 'être passé à côté de ce délitement de l'humanisme et de la raison. Choqué, nous n'avons pas tenu à rajouter du bruit et de la fureur, alors que nous portions le deuil de la France d'avant Charlie. D'autant que les belles personnes du monde, pleuraient avec nous, et défilaient en rangs serrés sur les pavés de notre capitale.

Même le turque Erdogan était là, alors qu'il porte aujourd'hui, l'islamisme d'état, emprisonne des journalistes, musele la presse, fait des autodafés dans les bibliothèques . Nous avons communié avec des fous!

Et depuis? Depuis ,tout à basculé... Les pressions ne sont plus réduite à des zones géographiques précises, à des territoires perdus,à des zones de non droit! Les gouvernements ont cédé aux injonctions communautaristes, rénoncé à la France laïque, à la France une et indivisible!

D'autant que depuis , il y a eu le Bataclan, les terrasses, des égorgés,saint Etienne du Rouvray, Nice...des victimes sacrifiées.
Sacrifiées sur un nouveau déni ! Celui de l'infusion de la société par des idées anti nous! D'autant que ce n est pas dans une cave d'HLM que ces idées sont professées, mais dans le rap, les entreprises, à l'Université,sur les réseaux sociaux, les lycées, ... et que faute de réponses drastiques de l'état et une affirmation des valeurs républicaines d'unité et de laïcité, on laisse les identités parler, l'essentialisme devenir une norme, le racisme changer de nom.

Oui le 7 janvier 2015, a changé notre façon de voir! La population n'a pas encore toutes les clefs ,même si des voix s'élèvent dans la société civile! Mais le déni politique est toujours présent, et les solutions proposées par ce gouvernement sont contre-productives. Il ne faut pas noyer la République sous les accommodements, mais bien combattre les propagandistes, les idéologues et les forces politiques qui fragilisent un peu plus chaque jour la cohésion nationale.

Ne laissons pas piller l'héritage des douze du 7 janvier...nous leurs devons, nous nous devons la vérité et la réalité. C'est un prix raisonnable à payer, pour éviter le prix du sang!

In memoriam

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