Où l'on parle de vivre ensemble.

Où l'on parle de vivre ensemble.

On parle beaucoup de laïcité ! Un brouhaha souvent insipide dans les médias et sur les réseaux sociaux. Je vais tenter de tirer le bon grain de l'ivraie.

De facto ,il y a deux façons de voir les choses, mais une seule réalité. Rappelons tout d'abord que la France est la seule république poussant au bout cette position philosophique et politique.

Une loi pour le vivre ensemble(?)
Qu'est ce que "le vivre ensemble" réduit dans cette assertion?

Du point de vue anglo-saxon, il s'agit de ne pas opposer des communautés philosophiques ou religieuses. Réduit au concept de respect, le vivre ensemble, permet de ne pas juger des pratiques d'autres cultes ou pratiques culturelles. D'accepter en fait , que les pratiques importées ne soient pas pointées du doigt, mariages de mineurs,excisions, ports de vêtements occultants religieux. Les aménagements particuliers sont favorisés pour permettre à chacun une reconnaissance de particularisme. L'état ne pouvant pas se mêler de ce qui ressemble à l'exercice du culte, chacun peut donc pratiquer sa religion ou sa croyance. Poussant même la chose jusqu'à favoriser le règlement de différents intracommunautaires en déléguant sa justice, l'état ne s'autorise pas à juger les pratiques issues de cultures différentes.

Le cas de la France se résume à sa constitution qui précise " la France est ....une et indivisible"
Cela implique le refus net du communautarisme, du séparatisme communautaire et ainsi des aménagements particuliers qui tendraient au repli sur son groupe en décrétant que tel ou tel est soumis aux codes de son groupe.
C'est avant tout la garantie d'être reconnu comme un individu dans une communauté nationale globale et d'être soumis aux lois du pays et non aux prescriptions d'une communauté spécifique en fonction de sa couleur de peau, sa religion, sa croyance, son origine géographique.

Le danger de la formule française est politique. En laissant le communautarisme prospérer sans lui rappeler que la France n' est pas multiculturalisme, mais indivisible, en refusant d'opposer cette indivisibilité aux demandes cultuelle et /ou culturelle ,elle valide les pressions en détournant les yeux au nom du vivre ensemble et pour une pays sociale illusoire.

La laïcité ,c'est le détachement de l'état de la chose cultuelle, une séparation stricte du pouvoir régalien et des instances religieuses.
L'adhésion à la culture française républicaine devrait être un préalable à toutes discussions pour l'organisation du culte. Le reste est affaire de citoyenneté et ne doit pas permettre de particularisme légal philosophique hors l'exercice du culte.

Citoyen d'abord, croyants ensuite!

L'état français autorise le culte en lui concédant des limites claires. Pas de politique qui viendrait s'opposer à la loi commune de tout les citoyens et se confronter à l'exécutif pour des motifs cultuels et /ou culturels.
Ainsi chacun peut pratiquer son culte sous la protection de l'état, et être considéré comme l'égal de n'importe quel citoyen grâce à la loi, et se tenir loin des dérives possibles de son culte en lui opposant qu'il est d'abord citoyen.

C'est l'essence de la liberté de conscience ! Qui est le deuxième pan avec la séparation des églises et de l'État.

Souvent réduit à " la liberté de croyance" en excluant de fait les non croyants, la liberté de conscience est universelle. Elle permet l'émancipation aux dogmes, et facilite l'adhésion à la citoyenneté ,en supprimant la dimension communautaire.
L'état n' est pas contraignant et libéralise les possibilités en renvoyant à la responsabilité de chacun ,plutôt qu'aux codes cultuels des religions organisées.
C'est cette individualité qui est le centre de la défense laïque. En permettant à chacun de choisir comment il vit sa foi, ou exerce sa conscience, indépendamment de sa culture, de sa famille, de son église, de sa religion , l'état permet de vivre pleinement sa citoyenneté.

Pour autant, la pression communautaire est importante, et nombres d 'associations sous couvert de défenses d'intérêts particuliers tentent de faire régresser cette individualité en essentialisant, en communautarisant par biais culturels et /ou cultuels des populations.
Cela s'oppose à la dimension de liberté de conscience et tend à se rapprocher du sécularisme anglo-saxon.
Facilité par des organes d'état tel que l'observatoire de la laïcité qui regarde avec un œil humide toutes ses organisations poussant à la reconnaissance de la communautarisation plutôt que d'en dénoncer la portée et le contre sens républicain, le danger est grand de replonger dans les travers que la loi de 1905 avait résolu

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Commentaires

  • BONNEFOY
    • 1. BONNEFOY Le 05/04/2018
    Je souscris pleinement a votre article ,mais il est vrai que le chemin de compréhension s'éloigne de plus en plus chaque jour .

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