Mon enfant, je vais t'expliquer l'intersectionnalité.

 

Mon enfant, je vais t'expliquer l'intersectionnalité.

Tu sais, il y a des gens qui ont fait beaucoup d'études, et qui compliquent des notions qui sont pourtant très simples. Tu es parfaitement capable de comprendre toi aussi en remettant les choses à l'endroit.

C'est simple : nous sommes tous libres et égaux en droit. Les femmes, les hommes, quelles que soient leur couleur et leur origine.

Tu sais, il a fallu des siècles de civilisation pour en arriver là.

Régulièrement, tout cela est remis en cause. On se croit très fort, on croit savoir reconnaître ceux qui vont enfreindre ce principe universel que tout le monde croit connaître par cœur et assimile trop souvent au simple « vivre ensemble ».

Tu l'as appris à l'école, c'est donc une évidence.

Pourtant, ce qu'on ne t'a pas appris, c'est que les principes peuvent être remis en cause non pas en étant simplement transgressés, mais en étant distordus, inversés.

En se plaçant du côté de ceux qui récupèrent le sentiment d'oppression, certains en arrivent à défendre de sombres théories visant à abolir le principe d'égalité.

C'est aussi bête que ça. Pour eux, les femmes ont les mêmes droits que les hommes, tant que cela ne contredit pas leur culture. Ainsi, pour peu que le milieu culturel interdise cette égalité et la transforme en « complémentarité », certains intellectuels français vont être d'accord et défendre par exemple cette dame qui s'appelle Houria Bouteldja, qui est allée jusqu'à dire que le viol était permis s'il était commis par un homme noir sur une femme noire, interdit pour un homme blanc sur une femme noire.

Pour peu que sa peau ne soit pas blanche, parce que la couleur blanche c'est la couleur des méchants, eh bien l'être humain aurait le droit de haïr son prochain, et de développer les mêmes théories que ceux qui l'ont précédé sur cette Terre. La fraternité serait seulement "raciale". Ils défendent l'idée de race.

Enfin, certains qui croient en leur dieu plus qu'en l'humain ne vont pas supporter que d'autres croient pas aussi bien qu'eux, ou croient en un autre, ou n'y croient pas du tout.

Tu sais mon enfant, quand tu te plains des autres parce qu'ils t'ont bousculé à la récré, ou parce que tu as été confronté à une situation injuste, et que je te dis que tu n'es pas une victime, qu'il ne faut pas avoir peur des autres mais pas non plus les laisser faire, que tu seras confronté plusieurs fois à de telles situations dans ta vie mais que tu sauras de mieux en mieux comment agir et réagir, tu ne comprends pas toujours.

Tu aimerais que je te plaigne, que j'aille te défendre envers et contre tout, parce que tu es mon sang, parce que tu es ma chair.

Ta peau est blanche, et tu n'as pas à t'en sentir coupable.
Si ta peau était noire, je te dirais la même chose.
Tu n'as pas à être fier, ni à avoir honte, ni à te sentir coupable. Tu es ce que tu es, et je t'aime.

Il y a des êtres humains, noirs et blancs, qui détestent ce qu'ils sont, et qui détestent les autres. Alors ils vont se réfugier auprès de leurs semblables pour avoir moins peur, et rejeter tous les autres.

Je ne t'ai pas mis au monde pour que tu deviennes comme eux. Je n'ai pas prolongé l'humanité pour que tu sois un bout de moi, mais pour prolonger l'espèce humaine.

Imagine deux secondes si les êtres humains ne produisaient que des clones d'eux-mêmes, chacun dans sa tribu. Cela donnerait des guerres incessantes. Ça s'appelle la pulsion de mort.

Mon enfant, je te demande de me croire, non pas parce que je te le dis, mais parce que bien d'autres l'ont dit avant moi, et continueront de le dire. Les humains, quelles que soient leur couleur, leur sexe ou leurs croyances, ont à l'intérieur d'eux-mêmes le pire et le meilleur.

Et actuellement, aujourd'hui, immédiatement, là tout de suite, le pire, c'est le PIR. C'était autre chose hier, ce sera autre chose demain. Mais ce qui compte, c'est ici et maintenant.

Bats-toi, ne te résigne pas, ne culpabilise pas, n'aie pas peur. Défends les humains pour ce qu'ils sont, même s'ils sont difficiles à aimer.

Les droits des humains ne se situent pas à des intersections privilégiant les uns ou les autres. Les droits sont universels. Je sais, c'est difficile, tu ne te sens pas à la hauteur. Plus les principes sont élevés, plus on se sent tout petit. Mais je t'ai mis au monde pour que tu grandisses et que tu t'en ailles un jour avec cet héritage.

Je compte sur toi.

L’art de tordre les mots et les idées est devenu un sport de haut niveau qui peut mener à tout, y compris à défendre une raciste décomplexée tout en se…
marianne.net

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