Le GODF dénonce une "gauche racialiste et différentialiste"

Philippe Foussier a été élu Grand Maître du Grand Orient de France (GODF), le 24 aout dernier, par les membres du Conseil de l’Ordre au cours du Convent 2017 qui se déroulait à Marseille. La Franc-maçonnerie célèbre cette année le tricentenaire de sa fondation en Angleterre. Le GODF, qui entend communiquer plus largement, se présente comme un « Ordre initiatique ».
Une partie de la gauche « inquiète » le Grand Orient de France (GODF), l’obédience maçonnique la plus proche du « camp progressiste ». « Nous voyons des thèses racialistes, ethnicistes se développer à gauche et cela nous inquiète beaucoup » assure Philippe Foussier, Grand Maître du GODF, lors d’une rencontre avec l’Opinion. « Ces idées trouvent des relais médiatiques et chez des intellectuels, comme à l’Université de Paris VIII », dénonce-t-il, en refusant toutefois de donner des noms... L’été dernier, « un camp décolonial » réservé aux femmes noires et interdit aux Blancs avait suscité de vives polémiques, poussant la maire de Paris Anne Hidalgo à le condamner. « Ces courants s’opposent à notre projet humaniste et universaliste, dans la mesure où les gens sont appelés à se définir par leur origine, comme membre d’une communauté et non comme des citoyens» poursuit Philippe Foussier.
Engagé de longue date contre l’extrême-droite, les francs-maçons du GODF se sentent aujourd’hui « pris dans une tenaille identitaire » entre le FN , « l’islam politique conquérant » et « les discours différentialistes de gauche ». Si Philippe Foussier évite soigneusement le mot d’ « islamo-gauchisme » - que, par exemple, l’ancien Premier ministre Manuel Valls a fait sien - c’est bien cela qui est visé. Dans un article de la revue Humanisme, publié par le GODF, son Grand Maître pointe « les porosités dûment établies entre des courants religieux intégristes ou des organisations racialistes parmi les syndicats ou les partis de gauche ». Et, ajoute-t-il, « il est à craindre que ce mouvement enclenché dans les franges de l’ultra-gauche et libertaires, qui irriguent aussi des formations plus classiques n’ait pas encore déployé tous ses effets ». Philippe Foussier s’inspire explicitement d’un petit livre « la Fabrique du musulman » de Nedjib Sidi Moussa (Libertalia, 2017), qui dénonce, dans une optique d’extrême-gauche « la confessionnalisation et la racialisation de la question sociale ».
S’il invite volontiers la polémiste Caroline Fourest ou le sociologue Jean-Pierre Le Goff, le GODF entretient des relations plus tendues avec l’Observatoire de la laïcité, dirigé par le socialiste Jean-Louis Bianco, dont les prises de position sont jugées trop complaisantes avec les revendications religieuses - et d’abord musulmanes. Récemment, le Figaro Magazine pointait les responsables de cet Observatoire comme faisant partie d’une prétendue « islamosphère ». Des proches de l’Observatoire de la laïcité ont été, par exemple, associés à la rédaction du discours d’Emmanuel Macron devant les protestants, lors du colloque, en septembre, célébrant le 500e anniversaire de la Réforme.
La Franc-maçonnerie, elle, commémore cette année le tricentenaire de sa fondation, à Londres le 24 juin 1717. En France, le GODF en est l’obédience la plus nombreuse, avec 55 000 « frères », dont désormais « 3 000 soeurs ». « Nous sommes l’obédience la plus engagée dans des combats pour la République, la laïcité, le Code du travail » assure son Grand maître. Élu pour un an, le 24 août dernier, Philippe Foussier, 52 ans, est l’ancien rédacteur en chef du magazine Communes de France.
Pour promouvoir sa « vision universaliste de l’homme », le Grand Orient tiendra dans les prochains mois des conférences publiques « là où le FN est très présent » : dans le Pas-de-Calais, la Moselle, l’Hérault, le Gard ou les Bouches-du-Rhône par exemple. Le message ? « Ce n’est pas parce que les principes républicains ne sont pas mis en oeuvre qu’il faut les jeter à la poubelle », assure Philippe Foussier, qui dénonce à la fois « le développement de la précarité » et « le recul des pouvoirs publics devant l’islam politique ». En mars 2018, le GODF organisera un « événement festif », avec « des concerts, des bals, des banquets, partout où cela sera possible ». Rue Cadet, au siège du GODF, on appelle cela des « utopiales maçonniques ».

Source : https://www.facebook.com/laicite30/posts/1704027442961141

Date de dernière mise à jour : 03/11/2017

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