Esprit Laïque informe de ses inquiétudes

L'association Esprit Laïque

informe de ses inquiétudes en partenariat avec LaicArt et Laïcité 06,

qui ont bien voulu répondre à l'appel,

nous avons tenu a exprimer nos craintes et nos inquiétudes face aux attaques contre la Laïcité.

si vous souhaitez signer cet appel, vous pouvez laisser en commentaire vos noms , prénoms et qualités ou noms d associations.

les députés de la majorité seront informés par voie numérique de ces signatures.

et le cas échéant par voie de presse.

                                 Madame la Députée, Monsieur le Député

Le 9 décembre dernier vient d'avoir lieu l'anniversaire de la loi de 1905, loi de séparation des Eglises et de l'Etat.

Or l'état des lieux est inquiétant :

73% des français déclarent penser la laïcité «en danger» selon un sondage récent, bien plus en danger que la liberté religieuse. Notons que cette forte inquiétude était déjà présente lors de la campagne présidentielle bien qu'elle ait été adroitement écartée des débats.

Les attaques répétées contre les principes laïques et/ou républicains ont fait l'actualité quasi quotidienne de ces derniers mois1.

Tant de la part de groupuscules intégristes ou anti-républicains qu'au sein même des institutions et ce au plus haut niveau, portant à s'interroger sur les objectifs de l'équipe aux responsabilités.

Les revendications religieuses se font pressantes, prières de rue d'un côté, création du parti politique Civitas de l'autre etc, avec pour finalité claire de ré-intervenir à terme dans le débat politique. Une régression ostensible en terme d'inégalités femmes-hommes en découle, les conditions d'émancipation des femmes, principe fondamental de notre république ne sont plus assurées notamment sur l'ensemble du territoire.
 

La liberté d'expression subit un recul inédit. Pendant qu'indigénistes et intégristes paradent sans contradiction sur la scène médiatique et «culturelle», on refuse des spectacles au motif que la critique religieuse est devenue à elle seule un risque de troubles, tandis que les voix progressistes et laïques sont elles clairement censurées. De fait on ne peut que constater avec colère que, malgré les hommages et la solidarité affichée par la Nation et ses représentants face aux menaces de mort, le délit de blasphème et un certain totalitarisme de pensée sont en train d'être réintroduits par petites touches en France.
 

Le racisme et l'antisémitisme ont pris de nouvelles couleurs grâce à l'importation sur le territoire national de conflits extérieurs instrumentalisés, mais aussi à une grille de lecture faussée des problèmes sociétaux, importée artificiellement de la sociologie des luttes raciales d'Outre-Atlantique.

Face à ces terribles constats, les communiqués de lanceurs d'alertes, institutionnels, associatifs ou individuels se multiplient.

Or les signaux envoyés par le gouvernement demeurent confus :

Abandon d'un côté de la laïcité au profit d'un dialogue interreligieux par le Ministre de l'Intérieur, confirmation d'un Observatoire de la Laïcité dont la ligne complaisante et les collusions troubles sont pourtant de plus en plus pointées du doigt, promotion d'un très inquiétant «libéralisme culturel» par Mr Tâché député LREM, mise en valeur du communautarisme religieux à plusieurs reprises par le Président de la République lui-même.

 A contrario, nous avons noté avec satisfaction et soulagement le message clair et sans ambiguïtés du Ministre de l'Education Nationale et plus récemment celui de la Secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les Femmes et les Hommes.

Du fait de ces ambiguïtés dans un climat globalement anxiogène, les polémiques enflent, le ton monte, les positions se radicalisent, les citoyens républicains et laïques, éprouvant un fort sentiment d'abandon, ressentent de plus en plus le besoin croissant de monter au front dans les débats publics, en l'absence de positionnement consensuel, légitime et ferme. Tout ceci met en grand danger la cohésion nationale.

Dans ce climat déjà délétère, le projet de loi «Société de confiance» actuellement discuté à l'Assemblée est venu franchir la ligne rouge par l'attaque directe de la loi de 1905, dont le respect intégral était pourtant une promesse de campagne du Président Macron. L'adoption de cette disposition serait inévitablement la goutte de trop qui ne pourrait qu'engendrer un veto entier et brutal de la part de toutes les sphères laïques de la société civile. Les conséquences sur la paix civile en seraient incalculables.

Face à cette situation inédite pour le pays et gravissime, nous attirons votre attention sur l'impérieuse nécessité et le caractère d'urgence que présente une prise de position et de parole de la part du Président de la République mais aussi de la part des groupes politiques présents à l'Assemblée nationale dont le parti de gouvernement LREM.

Non seulement le Président Macron doit renoncer au plus vite à ce projet dangereux mais il doit dire sans attendre son positionnement clair en faveur de la laïcité sans adjectif, du réarmement républicain et du caractère émancipateur de la République qui sont à réaffirmer sans doute possible par sa voix. Il ne peut, comme il le fait actuellement de façon stratégique, rester silencieux en laissant des voix politiques discordantes, certaines courageuses d'autres prêchant la reddition, monter au créneau à sa place, contribuant ainsi à ce que s'établisse de fait une situation de plus en plus conflictuelle et dangereuse chaque jour.

Parallèlement, nous attendons également de chaque formation politique la même prise de position claire, républicaine et impeccablement laïque, incluant le respect ET l'application de la loi de 1905, la remise en cause du concordat en Alsace Lorraine et du financement de l'enseignement confessionnel, enseignement qui commence à présenter un danger certain pour la République qui n'aura échappé à personne.

Trop de voix discordantes se font jour aujourd'hui dans chaque parti, les messages sont brouillés alors que l'urgence est là.

Certes il n'appartient normalement pas au citoyen de rappeler régulièrement ses représentants à leur devoir et leur mission. Mais quand ils y faillissent et notamment quand la protection de leurs libertés fondamentales et des principes et valeurs régissant notre société n'est plus assurée, alors il n'est d'autre choix pour eux que de rappeler que la démocratie ne s'exerce pas uniquement tous les 5 ans dans les urnes mais quotidiennement et en manifestant avec fermeté et conviction leurs exigences et leurs attentes légitimes vis à vis de ceux à qui ils ont donné mandat.

Persuadés que vous saurez entendre nos voix, nous vous prions d'agréer Monsieur le député nos salutations républicaines.

 

 

 

1- Quelques exemples récents et non exhaustifs:

Colloque sur I' « intersectionnalité » à l'E.S.P.E. de Créteil;
Colloque sur l"'islamophobie" à l'Université Lyon 2;
Université de Limoges, conférence débat avec une militante ouvertement homophobe et sexiste ;
"Formation" syndicale organisée par Sud-Éducation dénonçant le « racisme d'État » et préconisant des« ateliers de non-mixité raciale »

 

 

liste des signataires

Richelet rémi, président de l'association Esprit Laïque

Valérie Anne, co-présidente pôle sud d'Esprit Laïque

Tlilli Sémira, co-présidente pôle Paris et région Parisienne d'Esprit Laïque

Meka Fabienne, co-présidente relations avec les medias d'Esprit Laïque

Gomez Jean-André, co-président Lyon et région lyonnaise d'Esprit Laïque

Patinier Jeanne, animatrice pôle hauts de France et Nord d 'Esprit Laïque

Ricadat Renaud , secrétaire général d'Esprit Laïque

Dupont Stéphanie , trésorière d'Esprit Laïque

Sémira Tlilli, présidente de LaïcArt

association Laïcité 06

Date de dernière mise à jour : 18/12/2017